H&M s'en prend aux délégués syndicaux : une nouvelle provocation sape une confiance déjà fragile

Après des mois de négociations difficiles, un lock-out, la présence d’huissiers et de policiers aux portes de l’usine, H&M opte à nouveau pour la confrontation.

Deux délégués syndicaux sont pris pour cible juridiquement par l’entreprise en raison de leur mission syndicale.

Frank Moreels, Président de l’UBT-FGTB : « H&M affirme lutter contre l’intimidation, mais en réalité, c’est précisément cela, de l’intimidation de la part de H&M. Poursuivre deux salariés protégés parce qu’ils défendent leurs collègues, c’est envoyer un message clair à l’ensemble du personnel : quiconque défend ses droits s’expose à des représailles. C’est inacceptable. »

Il s’agit là d’une nouvelle provocation grave dans un conflit social qui, depuis bien trop longtemps déjà, est empoisonné par l’intimidation plutôt que par la concertation. La rupture de confiance qui s’était produite pendant les négociations et qui n’avait été rétablie qu’au prix de grands efforts est ainsi à nouveau complètement remise en cause.

Plan social conclu, mais confiance à nouveau ébranlée

Entre-temps, un plan social a été conclu. Mais même cet accord, obtenu de haute lutte, ne suffit apparemment pas à H&M pour renouer avec une concertation sociale respectueuse. Alors même qu’un peu de calme et de clarté auraient dû revenir pour les salariés, la direction choisit de poursuivre en justice deux délégués.

Philippe Dumortier, Secrétaire Provincial de l’UBT-FGTB : « Le plan social a été conclu après de fortes pressions et des négociations difficiles, mais il reste limité par rapport à ce que ces salariés perdent. Le fait que H&M s’en prenne à présent à deux délégués constitue un nouveau camouflet pour le personnel. »

Les poursuites judiciaires comme pratique d’intimidation

Ce qui se passe chez H&M n’est pas un cas isolé. Les procédures judiciaires sont de plus en plus souvent utilisées comme moyen de pression contre les syndicats, les délégués et les salariés qui défendent collectivement leurs droits. L’objectif est clair : dissuader les gens, briser l’action collective et remplacer le dialogue social par l’intimidation judiciaire. L’action syndicale n’est pas un délit. C’est un droit fondamental et une protection indispensable pour les salariés, surtout en cas de fermetures et de restructurations qui touchent des centaines de familles.

Frank Moreels : « Dans un nombre croissant de dossiers, nous constatons que les employeurs font appel à des avocats et aux tribunaux pour briser l’action sociale. C’est une évolution dangereuse. Quiconque s’en prend aux délégués syndicaux s’en prend au droit de tous les travailleurs à se défendre. »

L’UBT-FGTB ne laissera pas tomber ses délégués

L’UBT-FGTB exige que H&M mette fin aux procédures engagées contre les deux délégués syndicaux. Le plan social est clos, mais cela ne donne pas carte blanche à H&M pour intimider les représentants syndicaux ou régler ses comptes a posteriori avec ceux qui ont pris leurs responsabilités pendant le conflit. Ni l’intimidation ni les procédures judiciaires ne briseront la solidarité. L’UBT-FGTB ne laissera tomber aucun délégué. Et H&M doit en prendre conscience de toute urgence. Ils ont peut-être le capital, mais le syndicat, lui, dispose du capital humain !