Buggenhout, le douloureux signal d'alarme de nombreuses années d'économies
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- Catégorie : Nouvelles Transport & Logistique
- Publication : vendredi 5 juin 2026 14:13
Le tragique accident de Buggenhout nous a tous profondément touchés.
Nos pensées vont aux victimes, à leurs familles, à leurs camarades de classe, aux chauffeurs impliqués, au conducteur du train et aux services de secours. Lorsque les parents confient leurs enfants à un bus scolaire, ils doivent pouvoir compter sur le fait qu’ils arriveront à l’école et rentreront chez eux en toute sécurité. C'est pourquoi, au-delà de la tristesse, nous devons aussi oser examiner la manière dont le transport scolaire est organisé aujourd'hui et nous demander si la sécurité bénéficie réellement de la priorité que nos enfants méritent.
La sécurité exige plus que de bonnes intentions
Chaque jour, des milliers de chauffeurs de bus assument une énorme responsabilité. Ils transportent des enfants et des jeunes dans un environnement routier de plus en plus dense, complexe et imprévisible. L'augmentation du trafic, les travaux routiers, les déviations, les carrefours dangereux et l'interaction entre les différents modes de transport rendent leur mission de plus en plus difficile. Le mantra de la rentabilité se traduit en réalité depuis des années par des coupes budgétaires et un sous-financement structurel qui ont un impact sur la qualité et la sécurité. Lorsque la sécurité, la formation et la qualité du service sont subordonnées à des choix budgétaires, les marges de sécurité disparaissent elles aussi. La sécurité a un coût, mais ne pas investir dans la sécurité coûte finalement bien plus cher.
Les contrats précaires ne favorisent pas la sécurité routière
Les conditions de travail des chauffeurs de bus sont souvent négligées. Dans le transport scolaire, on observe de plus en plus de contrats temporaires, de services fractionnés et de flexi-jobs. De nombreux chauffeurs doivent donc cumuler plusieurs emplois pour joindre les deux bouts, ce qui entraîne une pression et un stress supplémentaires. Pour s’attaquer sérieusement à la sécurité routière, il faut aussi investir dans des emplois stables, des salaires corrects et des conditions de travail décentes. Des emplois de qualité et la sécurité routière vont de pair. Cela ne peut se concrétiser que si l'on investit dans tous les maillons de la chaîne : les infrastructures, la formation, l'organisation du transport et les conditions de travail. C'est pourquoi nous demandons un plan d'action coordonné, car le transport scolaire mérite des investissements structurels, et non un traitement de second plan.
Un plan d'action coordonné
Le plan d'action doit prévoir un examen systématique de tous les itinéraires des bus scolaires afin d'identifier les risques pour la sécurité, avec en particulier une évaluation des passages à niveau fréquemment empruntés par les bus scolaires. Si nécessaire, des investissements supplémentaires doivent être réalisés pour garantir une infrastructure sûre. Pour les chauffeurs, il faut mettre en place des conditions de travail stables, assorties d’une formation de qualité et permanente. Les plannings doivent être réalistes, tenant compte de la situation sur la route, et non établis à l’aide d’un planificateur d’itinéraire derrière un ordinateur. Cette tragédie ne doit pas se solder par une indignation passagère ou de simples déclarations de sympathie. Nous demandons un engagement commun pour mettre en œuvre des améliorations structurelles qui renforcent la sécurité des élèves, des chauffeurs et des autres usagers de la route.
Cessez de chercher un coupable
Rejeter la faute sur le chauffeur avant même que l'enquête ne soit terminée est une solution de facilité. Et bien sûr, De Lijn et la ou les compagnies de bus doivent être tenues pour responsables. Mais avant tout, il faut rappeler à l'ordre les responsables politiques ! Les ministres Demir et De Ridder doivent cesser de se renvoyer la balle et se mettre au travail. Que Buggenhout marque un tournant : la sécurité avant les économies, la qualité avant le bon marché et les personnes avant les chiffres. Pas demain, mais aujourd'hui.
