La crise du corona n’arrête pas le dumping social !

L’UBT constate que les pratiques de dumping social se poursuivent, même pendant cette crise du corona. On continue comme si de rien n’était.

L’entreprise de transport Van De Poel, apparue déjà plusieurs fois sur le radar de l’UBT, ne prend pas ses responsabilités d’employeur. Au lieu de s’occuper de ses travailleurs (étrangers), elle oblige ses chauffeurs à signer un document les mettant en congé sans solde ou mettant fin à leur contrat ‘de commun accord’. Une vingtaine de chauffeurs roumains se sont vu présenter un tel document. Et s’ils refusaient de signer, ils étaient contraints de restituer leur badge et leurs clés. Les chauffeurs ont été complètement abandonnés à leur sort, ignorant les conséquences pour leur contrat de travail, ne sachant pas où séjourner ou comment rejoindre éventuellement leur pays ...

Van De Poel n’est pas la seule entreprise qui fait comme qui si de rien n’était. La semaine dernière, 14 camions de la firme Gretveja ont été mis à la chaîne à Zeebrugge. Malgré cette crise, les services d’inspection continuent donc à faire de leur mieux pour mettre fin aux pratiques de dumping social.

L’UBT elle-même a communiqué aux services d’inspection les données d’une firme de transport belge qui fait rouler par l’intermédiaire d’une entreprise mère allemande (sans le moindre doute une entreprise boîte aux lettres) des chauffeurs polonais en Belgique dans des conditions inhumaines. Ainsi, ils sont contraints de prendre leur repos hebdomadaire à bord de leur camion et ils ne sont pas payés correctement. Ces pratiques se poursuivent donc !

La crise du coronavirus semble même intensifier ces pratiques véreuses. Les chauffeurs courent d’importants risques pour leur santé. Les chauffeurs provenant d’autres pays européens continuent à être acheminés en Belgique dans de petites camionnettes pour commencer leur travail ou à être ramenés dans leur pays d’origine pour y aller prendre leur repos. Ils sont entassés les uns près des autres, pas question donc d’une forme quelconque de distanciation sociale ...

La situation sur les parkings ne s’est pas améliorée non plus. Les chauffeurs (et certainement ceux provenant de pays non européens) sont abandonnés complètement à leur sort. Ils restent très nombreux à prendre leur repos sur les parkings. Les entreprises violent ainsi les mesures de distanciation sociale imposées par les autorités. Sur le parking pour poids lourds situé au Goordijk-Noorderlaan à Anvers, l’UBT a trouvé un attroupement de plusieurs chauffeurs. Il y a un manque criant d’équipements sanitaires (uniquement des toilettes mais pas de douches !), mais l’autorité portuaire les fait nettoyer quatre fois par jour au lieu de deux fois ! Le parking avait d’abord été fermé, mais il a entretemps été rouvert. Et les pratiques de dumping social continuent : on a même installé deux campings cars (sans plaque d’immatriculation) sur le parking, nouvelle manière pour permettre à plusieurs chauffeurs de prendre ensemble (!) leur repos hebdomadaire ... Sur les parkings situés Muysbroeklaan Quai 510 et au coin de la Bellestraat et de la Ordamstraat, on voit également stationner de nombreux camions.

En de nombreux endroits, les consignes d’hygiène ne sont pas respectées : les chauffeurs qui sont au travail ne peuvent pas utiliser les facilités indispensables comme les équipements sanitaires par exemple. Sur le parking Aire De Froyennes à Tournai, le parking du Q8 à Ranst et le parking de Total situé Kennedylaan direction Zelzate, on a même complètement fermé les douches. Et ce ne sont pas les seuls où cela est le cas ...

De très nombreux chauffeurs voient aujourd’hui leurs droits rabotés en raison de la fraude commise par les entreprises de transport pour lesquelles ils travaillent. Depuis des années, ils se trouvent dans une situation désespérée, sans perspective aucune. Aujourd’hui, ils sont à nouveau victimes de la crise. Après avoir été licenciés, ils retournent souvent dans leur pays sans s’être constitués des droits de sécurité sociale décents.

L’UBT suit de près la situation dans sa lutte contre le dumping social, y compris pendant cette crise du coronavirus !