Enquêtes sur le dumping social : 11 perquisitions dans le secteur du transport, visant également Roland Peeters de la FEBETRA

Au cours des dernières semaines, des perquisitions ont eu lieu chez plusieurs entreprises de transport qui opèrent via une filière slovaque.

Un signe prometteur que l’on vise maintenant également Roland Peeters, le “parrain” du dumping social.

 

Roland Peeters, le “parrain” du dumping social en Slovaquie.

Roland Peeters n’est pas un inconnu pour tous ceux qui suivent le secteur belge du transport. Frank Moreels : “Ce n’est nullement une surprise que l’on vise maintenant également Roland Peeters. En Belgique, ce brave homme dirige la firme Peethultra et siège au conseil d’administration de la fédération patronale FEBETRA. En Slovaquie, il gère deux firmes de transport en compagnie de Vincent Peeters, Rovitrans et Virotrans, situées toutes les deux à la même adresse, un immeuble de bureaux à Bratislava, capitale de la Slovaquie. De plus, pendant de longues années, il y a été copropriétaire d’une boîte de consultance du nom de SK Service.” Cette agence de consultance aidait des transporteurs belges à créer des firmes boîtes aux lettres qu’on retrouve toutes à la même adresse à Bratislava ou qui ont une boîte aux lettres dans un immeuble de bureaux quelques rues plus loin. L’UBT peut sans peine établir un lien entre au moins 20 transporteurs belges et SK Service... D’ailleurs, la semaine dernière, la firme Transport Martens de Turnhout a reçu elle aussi la visite des services d’inspection.”

 

Le livre noir de l’UBT, source d’inspiration de l’inspection.

En septembre 2017, l’UBT a publié la troisième édition de son livre noir sur le dumping social. En vue de la réalisation de cette édition, une équipe d’inspection de l’UBT s’est déplacée à plusieurs reprises en Slovaquie.
Frank Moreels, président de l’Union Belge du Transport affiliée à la FGTB : “Nous avons rendu visite à la filiale slovaque de plusieurs dizaines de transporteurs belges où nous n’avons trouvé souvent qu’une simple boîte aux lettres ou parfois un petit bureau équipé d’un téléphone et d’un pc portable, ou encore des bureaux occupés par plusieurs entreprises mais sans mur mitoyen. Bon nombre d’entreprises citées dans notre livre noir ont déjà reçu la visite des services d’inspection en Belgique. Et ces derniers jours, la liste des perquisitions s’est à nouveau allongée, et ce grâce à l’UBT.”

 

La persévérance de l’UBT porte ses fruits.

L’UBT appelle depuis belle lurette à organiser une enquête approfondie et des inspections chez les auteurs belges de pratiques de dumping social. Les onze dernières perquisitions constituent un signal clair lancé à tous les transporteurs belges véreux, leur signifiant que le dumping social ne paie pas. Frank Moreels : “Nous avons attendu longtemps, trop longtemps, avant que les choses ne commencent à bouger. Mais notre persévérance porte enfin ses fruits. Il faut maintenant s’attaquer aussi aux autres.”

 

Filière slovaque, mais aussi filière bulgare !

Après la publication de notre livre noir en septembre 2017, Roland Peeters annonçait qu’il allait vendre ses parts dans SK Service, ce qu’il a fait fin février de cette année. Mais les entreprises boîtes aux lettres belges sont restées. Et nous constatons maintenant l’existence d’un business de boîtes aux lettres en Bulgarie. Frank Moreels : “Vous souhaitez créer une firme de transport en Bulgarie pour quelques centaines d’euros ? Pas de problème. Et pas la peine de vous déplacer en Bulgarie. Vérifiez vous-même sur un site internet belge enregistré à Chypre avec comme contact un numéro de téléphone privée en Belgique. Et le prix ne doit pas vous effrayer non plus, car pour 550 euros, TVA non comprise certes, vous pouvez déjà créer votre firme. Comptez encore quelques centaines d’euros par année pour l’adresse, la comptabilité, etc. Cela s’appelle de la concurrence déloyale pour les transporteurs belges honnêtes. Il est donc grand temps que les services d’inspection mettent fin une bonne fois pour toutes à ces pratiques.”