Le transporteur limbourgeois RMT organise le dumping social

En 2015, l’UBT-FGTB a déposé plainte contre la firme de transport RMT de Tessenderlo.

Via sa filiale bulgare Rematra, RMT occupait des chauffeurs bulgares en Belgique ... payés selon les conditions de salaire et de travail bulgares... Les plaidoyers dans ce procès sont prononcés aujourd’hui jeudi 22 juin 2017.

Les chauffeurs bulgares travaillaient pour RMT via la firme (boîte aux lettres) bulgare Rematra. Les chauffeurs étaient acheminés en Belgique, prenaient possession de leur camion à Tessenderlo et effectuaient pour RMT des transports en Belgique et dans les pays voisins. Et ce pour un salaire de 414 Lev, c’est-à-dire 211 euros par mois. Ils étaient contraints de bivouaquer pendant des semaines dans leur véhicule dans des conditions inhumaines. S’ils avaient l’occasion de rentrer à Tessenderlo pendant le week-end, ils étaient contraints de vivre dans une caravane bonne à mettre à la casse.

L’UBT réclame un salaire égal pour un travail égal devant le tribunal du travail.

L’UBT, mandatée par sept chauffeurs bulgares, a déposé en juin 2015 plainte auprès du tribunal du travail, réclamant l’application des conditions de salaire et de travail en vigueur en Belgique. Frank Moreels, président de l’UBT : “RMT organisait le dumping social. Sa filiale Rematra en Bulgarie est un montage destiné à échapper aux conditions de salaire et de travail applicables en Belgique. Il ressort des dossiers que les chauffeurs ne roulaient pas en Bulgarie et qu’ils recevaient leurs ordres de Tessenderlo. C’est la raison pour laquelle nous réclamons le paiement des salaires belges pour la période que ces chauffeurs ont roulé à partir de la Belgique.”

La réclamation porte sur un total de 236.000 euros !

Les sept chauffeurs réclament des arriérés de salaire pour la somme de 236.000 euros. Frank Moreels: “L’UBT a calculé le salaire auquel les chauffeurs bulgares avaient effectivement droit. La demande pour l’un des sept chauffeurs s’élève à pas moins de 111.000 euros et à 97.000 euros pour un autre chauffeur. Les autres ont travaillé moins longtemps pour la firme concernée, ce qui explique donc les sommes plus faibles réclamés pour eux. Nous avons toutes les raisons de croire que le tribunal du travail acceptera notre demande. Pareille décision constituerait un pas important dans la lutte contre le dumping social et pourrait avoir un effet de dissuasion sur les transporteurs belges qui se rendent coupables des mêmes pratiques.”