Gouvernement belge : forcez l’Europe à agir contre le dumping social !

Les ministres européens des Affaires sociales et du Travail se réunissent aujourd’hui pour discuter de la révision de la directive sur le détachement.

Une occasion unique donc pour prendre de vraies mesures contre le dumping social.

La révision de la directive sur le détachement traîne en longueur. La décision y afférente a déjà été reportée à plusieurs reprises. Actuellement des textes de compromis ‘mous’ sont présentés. Et même ces propositions ne sont pas applaudies dans tous les pays. Entretemps, des employeurs véreux se frottent les mains : ils peuvent poursuivre impunément leurs pratiques de dumping social.

Gouvernement belge, prenez une initiative !

Le président français, E. Macron, prend une position claire et nette : les nouvelles règles européennes doivent mettre fin au dumping social. Angela Merkel, la chancelière allemande, formule des revendications semblables. Voilà une occasion unique pour le gouvernement belge de soutenir, voire de renforcer les propositions françaises et allemandes. Un élément clé des propositions est la limitation de la période de détachement à un an maximum (aujourd’hui le délai est de deux ans). Ces derniers mois, Malta a assuré la présidence de l’Union européenne et dans quelques mois, c’est l’Estonie qui prendra le relais. Frank Moreels, président de l’UBT : “C’est précisément un des pays qui freine des quatre fers. C’est donc le moment pour le gouvernement belge d’augmenter la pression.”

Attendre, c’est perdre !

Les premières propositions de la Commissaire européenne Thyssen datent déjà de mars de l’an dernier. Elles avaient à peine été rendues publiques qu’onze États membres ont tiré la sonnette d’alarme. Ce sont surtout des pays de l’Europe de l’Est qui craignent que leurs entreprises soient lésées par la règlementation revue. Ils accusent les pays occidentaux de protectionnisme.

À travail égal, salaire égal.

“Mais il ne s’agit nullement de protectionnisme, ” souligne Frank Moreels. “Il s’agit d’éradiquer des pratiques inhumaines. Car les travailleurs d’Europe de l’Est sont victimes d’exploitation : contraints de vivre et de travailler dans des conditions exécrables, ils sont en outre sous-payés. Par ailleurs, dans le pays d’origine, leurs employeurs paient trop peu ou pas de cotisations sociales ... “. Frank Moreels poursuit : “Dans le secteur du transport, la Belgique connaît une convention collective qui prévoit qu’un travailleur a droit au même salaire s’il exerce un même travail. Il est grand temps que cette obligation soit étendue à tous les secteurs et certainement à toute l’Europe.”

Salaires et autres indemnités : pas d’amalgame !

Un des “trucs” appliqués, certainement dans le secteur du transport, est le paiement d’un salaire fort bas, complété d’”indemnités (journalières)”, accordées uniquement pour les jours travaillés. Ces indemnités ne sont pas prises en compte pour le calcul des éventuelles cotisations sociales. Frank Moreels : “Nous constatons dans la pratique que les deux sont additionnés pour démontrer que les chauffeurs gagnent plus que le salaire minimum en vigueur dans l’État membre dans lequel ils sont occupés. C’est inacceptable ! Les propositions de Macron et Merkel visant à rendre ces pratiques impossibles, sont d’une importance essentielle dans la lutte contre le dumping social.”

 

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