Mauvaises conditions de travail chez les plateformes collaboratives : rien de nouveau sous le soleil !

Une nouvelle étude de Fairwork Belgium, réalisée par le ‘Centrum voor sociologisch onderzoek’ de la KU Louvain, constate que les conditions de travail sont mauvaises, voire très mauvaises, tant chez Deliveroo que chez Takeaway.com.

Cette étude confirme une nouvelle fois ce que l’UBT-FGTB constate et dénonce depuis des années sur le terrain.


Takeaway le meilleur de la classe ?

Dans cette étude, Takeaway sort comme le meilleur de la classe avec un score de 6 sur 10. C’est vrai, quand il s’agit des coursiers à vélo, cette entreprise est le meilleur élève des trois qui opèrent sur le marché belge, elle offre au moins un contrat de travail à ses coursiers. Mais cela n’empêche pas que sur le terrain, on entend plus de plus de plaintes des coursiers de Takeaway : promesses non tenues, accords non respectés, matériel de travail non indemnisé, coursiers contraints de payer les frais d’accessoires de vélo volés, etc.

Frank Moreels, Président de l’UBT-FGTB : “Nous avons offert à plusieurs reprises à Takeaway l’occasion d’entamer une discussion avec nous en vue d’installer une concertation sociale constructive. Nous pourrions ainsi aborder les problèmes et donner une voix aux coursiers. Mais jusqu’ici, Takeaway a malheureusement chaque fois refusé la main tendue. Attitude assez curieuse pour une entreprise qui affirme soutenir fermement le respect de ses coursiers et avoir conclu avec les syndicats des CCT dans d’autres pays.”


Deliveroo : mention ‘insuffisant’.

L’UBT-FGTB ne s’étonne guère que Deliveroo reçoive un score de 1 sur 10 et est ainsi l’élève le plus mauvais de la classe. Même si la situation d’UberEats n’a pas été examinée, le résultat sera sans aucun doute le même. Ces deux entreprises utilisent uniquement des (faux) indépendants et des contrats Peer to Peer. Cela permet aux deux entreprises de se décharger de toutes leurs responsabilités, les profits pour l’entreprise, tous les risques pour les coursiers à vélo.

Frank Moreels : "L’UBT-FGTB continue à souligner la nécessité d’un statut de salarié clair, avec des contrats corrects et la garantie d’un salaire correct. D’autre part, les plateformes doivent mettre à disposition un vélo et se charger de son entretien, mais aussi des vêtements de protection et une assurance contre les accidents.”


L’UBT-FGTB continue le combat

L’UBT veut que les coursiers à vélo obtiennent ce à quoi ils ont droit, c’est-à-dire les conditions de travail et de salaire de la Commission paritaire Transport de marchandises et Logistique (140.03). Les salaires minimum du secteur, mais aussi les autres avantages du secteur comme une assurance hospitalisation, une prime de fin d’année, une pension complémentaire, une assurance décente contre les accidents du travail, etc. Il va de soi qu’il faut aussi une concertation sociale régulière. L’UBT mettra dès lors tout en œuvre pour mettre les plateformes collaboratives sur la bonne voie dans le secteur!”