Du respect pour les bûcheurs du secteur du transport!

Message de nouvel an de Frank Moreels - Président UBT

 

Formulant mes vœux de nouvel an, je ne peux m’empêcher des penser aux nombreux bûcheurs du transport qui sont au travail pendant cette période de fin d’année : à nos dockers qui continuent à bosser pendant la trêve des confiseurs ; à nos marins qui restent en mer ; à nos chauffeurs de bus et de taxi qui acheminent les gens à bonne destination et effectuent même des prestations supplémentaires ; à nos routiers qui continuent à approvisionner les supermarchés et à nos coursiers qui continuent à livrer colis et cadeaux de nouvel an ; à nos bagagistes dans les aéroports qui continuent à traîner 30 tonnes de valises par équipe, ...

Les travailleurs du transport sont et restent les ‘chevaux de labour’ qui font tourner notre économie.

 

Grand temps de développer une politique sociale.

Pourtant, ces travailleurs ne reçoivent pas toujours le respect qu’ils méritent, notamment d’un gouvernement fédéral qui devrait privilégier une politique sociale. Le précédent gouvernement Michel-De Wever ne nous a-t-il imposé un saut d’index ? N’a-t-il pas relevé l’âge de la retraite et modéré nos salaires. Ne nous a-t-il finalement pas laissé un trou budgétaire qui dépasse les dix milliards et réalisé un tax shift dont ils sont tellement fiers mais qui n’a fait que gonfler les bénéfices des entreprises ?

Il est donc grand temps d’avoir un gouvernement fédéral avec participation socialiste qui mène une politique sociale équitable et prend les bonnes décisions. L’UBT a déjà préparé un mémorandum avec ses revendications pour le prochain gouvernement.

 

De vrais emplois, pas des jobs sous-payés !

Nous souhaitons que ceux qui travaillent soient récompensés et décemment rémunérés, chose qu’on ne fait pas en remplaçant des emplois stables par des jobs temporaires ou mal rémunérés ni par des mini-emplois.

C’est pourtant ce que fait le gouvernement flamand avec son nouveau décret ‘taxi’ qui ouvre toute grande la porte à Uber et consorts, menaçant l’emploi de plusieurs milliers de chauffeurs de taxi en Flandre. Pourquoi les partis politiques de droite sont-ils tellement friands de cette ‘économie de partage’ ? Deliveroo, Uber et consorts pressent leurs coursiers et leurs chauffeurs comme des citrons. Pourtant, des hommes politiques comme Alexander De Croo estiment qu’il faut aider et soutenir ces gangsters “branchés” du marché du travail.

 

Pas touche à la loi Major !

Les dockers belges sont les plus productifs d’Europe. D’année en année, ils assurent la croissance du trafic dans les ports belges. Qu’ils bénéficient en retour d’un statut correct fait qu’il y a toujours suffisamment de travailleurs portuaires bien formés, travaillant dans de bonnes conditions de sécurité. Cela me paraît tout à fait logique !

Il faut donc arrêter d’attaquer en permanence leur statut. La loi sur le travail portuaire, autrement dit la loi Major, assure la stabilité et la paix sociale dans les ports et est source de croissance économique. Conclusion : il n’y a aucune raison de changer cette situation !

 

Stop l’esclavage moderne !

Ceux qui pensent que l’exploitation et même l’esclavage ont disparu de ce monde, se trompent lourdement.

Il y a encore quelques semaines, nous avons dû aider un chauffeur philippin, largué littéralement par son patron sur un parking près de Liège. L’homme, attiré en Europe avec de fausses promesses, était employé par une société boîte aux lettres en Europe de l’Est. Il touchait un salaire de misère et devait travailler, habiter, dormir et vivre des mois durant dans son camion. Après une dispute avec son patron, il avait été jeté sans pardon de son camion et abandonné à son sort sur un parking en région liégeoise.

Un cas isolé, croyez-vous ? Au Danemark, le syndicat danois 3F a découvert un “camp” où bivouaquaient deux cents pauvres chauffeurs philippins. Il faut mettre fin à ce genre de situations. Nous avons aidé ce chauffeur philippin avec l’aide des services d’inspection qui ont fourni un boulot exemplaire. Ce chauffeur a entretemps été reconnu officiellement comme pouvant être victime de trafic d’êtres humains. Mais tout comme l’UBT a aidé ce chauffeur malheureux, nous mettrons tout en œuvre en 2020 pour bannir de ce monde ce genre de situations inhumaines !

 

Stop le dumping social !

L’an dernier, nous avons lutté dur pour un transport honnête en compagnie d’autres organisations syndicales d’Europe, sous la houlette de l’ETF, la Fédération européenne des travailleurs du transport, dont je suis président.

Ensemble nous avons organisé 100 actions partout en Europe et plus de 5000 travailleurs du transport ont manifesté dans les rues de Bruxelles pour lancer un message clair au monde politique, disant « Stop le dumping social ! » Avec succès : sous notre pression, l’Autorité du travail européenne, l’embryon d’une inspection sociale européenne, a vu le jour.

Nous sommes également parvenus à infléchir les mauvaises propositions de la Commission européenne contenues dans le “Paquet Mobilité” en un paquet de mesures visant à combattre le dumping social, comme par exemple l’introduction du tachygraphe digital intégré, le retour obligatoire tous les deux mois des poids lourds à leur base de départ, l’interdiction de prendre le repos hebdomadaire à bord du camion, etc.

Mais le combat est loin d’être gagné. La Commission persiste en effet dans ses tentatives de vider de leur substance les résultats obtenus. Nous ne l’accepterons pas !

 

L’UBT gagnera les élections sociales !

En mai 2020, les travailleurs du secteur du transport auront l’occasion d’élire leurs représentants dans toutes les entreprises de plus de 50 travailleurs. C’est un exercice de démocratie sociale : elle récompense les représentants syndicaux qui ont défendu le mieux les intérêts des travailleurs du transport au cours des quatre dernières années.

Les délégués de l’UBT, qui sont plus de 1500, sont confiants. Tout au long des quatre dernières années, ils ont bossé dur et donné le meilleur d’eux-mêmes pour défendre leurs collègues. Je leur souhaite de remporter une victoire éclatante car ils le méritent amplement !

 

Avec mes meilleurs vœux d’une année de combats et de victoires !


Frank Moreels
Président de l’UBT