Merci Marie, Marc et Hugues !

Le Parlement européen a voté la semaine dernière sur le Paquet Mobilité, un ensemble de mesures qui est de la plus haute importance pour les travailleurs du transport, chauffeurs de camion aussi bien que conducteurs de bus et de car !

Le vote du Parlement était sans équivoque : il a rejeté les mesures néfastes proposées par la commission Transport. Une victoire syndicale, car il vaut mieux ne pas avoir de Paquet Mobilité qu’un mauvais Paquet Mobilité !

Le remède presque pire que le mal !

J’ai déjà dit et écrit à plusieurs reprises que la Commission européenne ne parvient pas à présenter de vraies solutions au mal qui ronge le secteur du transport, celui du dumping social. La Commission a l’air d’un médecin qui ausculte le patient et pose le diagnostic correct : vous avez la diarrhée. Pour ensuite lui prescrire un laxatif !

La Commission, et avec elle certains députés européens déconnectés de la réalité, pense pouvoir combattre le dumping social en obligeant les chauffeurs à rouler plus longtemps pour un moindre salaire ou en les autorisant à nouveau à prendre leur repos hebdomadaire à bord de leur véhicule. Avec toutes les conséquences néfastes pour le repos des routiers et pour la sécurité routière. Elle semble penser également que le secteur qui souffre le plus du dumping social ne doit pas relever du champ d’application de la directive sur le détachement des travailleurs, ou que le cabotage doit être libéralisé.

L’action syndicale paie !

Grâce aux actions syndicales avec l’UBT-FGTB en première ligne, le Parlement européen a rejeté à une large majorité les règles proposées par la commission Transport et par la Commission européenne. Il a dit non au changement des temps de conduite et de repos et rejeté la prise du repos hebdomadaire à bord du camion ainsi que les modifications proposées en matière de cabotage. Il a lancé le message non équivoque à la commission Transport qu’elle doit revoir sa copie et faire mieux la prochaine fois.

Mais le combat est loin d’être terminé car cette commission ne s’est nullement intéressée à la santé et à la sécurité des chauffeurs ni à la sécurité routière en général.

C’est dans le besoin que l’on reconnaît ses amis

Dès le début des discussions sur le Paquet Mobilité, nous avons pu compter sur nos relais politiques au Parlement européen. Marie Arena, Hugues Bayet et Marc Tarabella du PS ont appuyé pleinement les propositions syndicales et se sont battus comme des lions pour convaincre leurs collègues députés. Kathleen Van Brempt du sp.a mérite une mention spéciale : présidente du groupe des socialistes et démocrates au Parlement européen, elle n’a épargné aucun effort et s’est donné toutes les peines du monde pour balayer les mauvaises propositions de la table et les remplacer par celles présentées par l’ETF, notre syndicat européen du transport. Par ailleurs, nous remercions également tous les autres députés européens – y compris des autres groupes politiques – qui ont soutenu les positions syndicales.

Le combat continue

Le vote du Parlement européen ne marque pas la fin des débats, au contraire. La décision finale sera le résultat d’une concertation entre le Parlement européen, la Commission européenne (qui a élaboré et proposé le Paquet Mobilité) et les Etats membres. Cette procédure prendra du temps et n’aboutira vraisemblablement plus avant les élections européennes de 2019. Nous devrons donc poursuivre notre action syndicale.

L’UBT soutient la ‘Road Alliance’ des pays ouest-européens, dont la Belgique, qui sont eux favorables à un secteur du transport loyal, soucieux de ses chauffeurs. Cette alliance entend engager la lutte contre le dumping social. L’UBT continuera à mettre sous pression ces pays et le gouvernement belge pour qu’ils continuent dans cette voie.

Nous continuerons aussi à rappeler aux décideurs politiques leurs responsabilités en ce qui concerne la santé et la sécurité des travailleurs du transport et aussi des autres usagers de la route. Pour nous, le principe prioritaire reste celui de l’égalité de salaire pour un travail égal, y compris dans le secteur du transport. Pour nous, la sécurité routière reste tout aussi prioritaire !

Nous poursuivrons notre lutte contre le dumping social, pas seulement pour les chauffeurs ouest-européens, mais aussi pour leurs collègues de l’Europe de l’Est. Car nul ne mérite d’être exploité.

FrankMoreels 3