L’avenir de la FGTB ne peut dépendre d’une politique d’échanges !

Le 8 mai 2018, les présidents de la Centrale Générale et du SETCA (la Centrale des employés et des cadres) ont fait une déclaration.

Ils ont informé la FGTB qu’ils avaient signé un accord le 1er mai. Il s’agit d’une répartition des compétences au sein de certaines commissions paritaires dans le but de ne plus avoir qu’une seule centrale qui soit compétente pour les ouvriers, les employés et les cadres d’un même secteur. Ni l’UBT ni les autres centrales professionnelles de la FGTB ont été impliquées dans cette discussion.

Les points de départ de cet accord ne sont-ils pas corrects ?

Bien sûr que si. Le syndicalisme de secteur, une seule centrale assumant la responsabilité d’une entreprise ou d’un secteur, constitue le point de départ idéal de cette discussion. Le rapprochement des statuts ouvrier et employé, les collèges électoraux uniques lors des élections sociales, la réforme des commissions paritaires ... sont autant d’arguments qui plaident en faveur du syndicalisme de secteur. Qu’une seule centrale ait la responsabilité d’un secteur a d’ailleurs été inscrit dans les statuts dès la fondation de la FGTB.

Pas de politique d’échanges. Faisons valoir la logique !

L’accord entre les deux grandes centrales procède d’un point de départ totalement erroné, à savoir que chaque centrale doit rester tout aussi grande (ou petite) qu’aujourd’hui et que c’est dans ce cadre que les centrales doivent s’échanger des commissions paritaires.

Que pareille politique mènera à une structure de la FGTB qui ne tient pas compte de la réalité socio-économique d’aujourd’hui n’est apparemment que d’importance secondaire. Mais une stratégie syndicale efficace, menée dans l’intérêt des membres, doit viser à ce qu’une seule centrale forte prenne la direction dans une sphère économique, dans un secteur.

Les travailleurs du transport et de la logistique n’ont aucun intérêt à ce que plusieurs centrales pêchent dans le même trou ou pire encore sont des rivaux. 75% des travailleurs du secteur sont des ouvriers et parmi ceux-ci, l’UBT est nettement plus puissante que le SETCA chez les employés. Dès lors, faisons valoir la logique : les travailleurs du transport et de la logistique seront le mieux servis par une UBT encore plus puissante. Pourquoi cela devrait-il faire l’objet d’une politique d’échanges alors que l’intérêt des travailleurs du secteur est on ne peut plus clair ?

Les grandes centrales décideront-elles toutes seules de l’avenir de la FGTB ?

Que cet accord se limite à des secteurs qui ne concernent aucune autre centrale n’est pas crédible du tout. Un accord qui concerne pour ainsi dire la moitié des commissions paritaires ne peut pas ne pas avoir de conséquences pour les autres centrales et il en aura certainement pour les structures futures de la FGTB. Pour nous, cet accord ne fait que consolider la position dominante des deux grandes centrales.

La CG et le SETCA se comportent ici comme deux grandes puissances qui veulent imposer leur volonté aux autres centrales.

Cette manière de procéder non seulement nous déçoit, elle nous contrarie au plus haut point. Au lieu de rechercher une solution globale avec toutes les centrales, on a opté pour le fait accompli. Cet accord et la manière dont il a été réalisé ne manqueront pas d’hypothéquer l’unité et la cohésion au sein de la FGTB. Force est en effet de constater que dans d’autres dossiers également, ces deux grands font trop souvent valoir leur position dominante.

Travailleurs du transport, tous unis au sein d’une seule centrale du transport puissante !

S’il en va vraiment de l’intérêt des membres, il est urgent de regrouper les travailleurs du transport dans une seule centrale. Tous ceux qui se sentent interpelés pourront en discuter avec nous. La petite centrale que nous sommes ne vise pas à consolider sa force, mais à développer un vrai rapport de force face aux employeurs ainsi qu’aux autres syndicats.

L’UBT est ouverte au dialogue

Notre centrale continuera à assumer sa responsabilité au sein de la FGTB et à revendiquer sa position au sein de cette même FGTB. Nous avons toujours œuvré pour une FGTB forte. C'est la raison pour laquelle nous allons renforcer la coopération que nous avons déjà avec ABVV Metaal en Flandre. C'est pourquoi nous voulons étendre cette coalition à la MWB en Wallonie et à la FGTB Horval.

 

Frank Moreels
Président de l’UBT

 

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