Les dockers : tous des trafiquants de drogue potentiels ?

D’après la députée N-VA Daphné Dumerey, tous les dockers sont des trafiquants potentiels. Elle estime en effet qu’il faut procéder d’urgence à un ‘screening’ à l’embauche plus sévère des travailleurs portuaires.

Vous lisez bien : uniquement les dockers devraient subir ce screening, pas les douaniers, pas les employés maritimes ni les milliers d’autres travailleurs dans les ports,. Pour le parti nationaliste, seuls les dockers sont donc suspects !

Bart De Wever : guerre contre la drogue, mais aussi guerre contre les dockers

Il est clair que derrière cette énième attaque contre les dockers ne se trouve personne d’autre que Bart De Wever lui-même. Le président de la N-VA et bourgmestre d’Anvers est l’homme du langage musclé qui veut mener la guerre contre la drogue. Et tant mieux s’il peut combiner cette guerre avec une attaque contre les dockers. Car il ne faut pas en douter. La N-VA trouve que la loi Major, la loi qui règle le statut des dockers, doit d’urgence être revue, c’est-à-dire vidée de sa substance. Bart De Wever est d’ailleurs un proche ami de Fernand Huts, ennemi déclaré des syndicats, et soutient les nombreuses attaques lancées par ce dernier contre le statut du travailleur portuaire.

La procédure d’embauche existante fait ses preuves

La procédure d’embauche existante est déjà fort sévère. Les candidats doivent posséder un certificat de bonnes vie et mœurs et passer une série de tests psychologiques. De plus, ils doivent suivre une formation très poussée. Toute cette procédure est gérée paritairement par les employeurs et les syndicats. Il y a donc un contrôle sévère et celui qui est pris en faute peut plier bagage. Faut-il dès lors s’en prendre à toute une catégorie de travailleurs parce qu’il y a quelques brebis galeuses qui ne résistent pas à la tentation de l’argent lié au trafic de drogue. Ne faudrait-il pas attaquer plutôt les réseaux criminels au lieu de viser les dockers qui exercent un métier très lourd ?

La N-VA n’en est pas à son premier essai

Après les attentats de Zaventem, c’étaient les ouvriers de la manutention qui avaient été pris pour cible, ces travailleurs qui s’étaient pliés en quatre pour aider les blessés et les passagers. Le jour des attentats, ce fameux 22 mars 2016, ils étaient sortis immédiatement du sous-sol où sont triés les bagages. Ils ont couru l’aéroport pour aider et accompagner les blessés et les passagers en panique. Parmi les bagagistes aussi, on a compté deux blessés graves. Dans les semaines qui ont suivi les attentats, les bagagistes se sont démenés pour opérationnaliser à nouveau l’aéroport national. Mais ils ont été payés d’ingratitude et ont été dépeints comme des terroristes potentiels. A ce moment aussi, tout le groupe des bagagistes avait été montré du doigt.

Manque de respect

Ces attaques démontrent une nouvelle fois le manque de respect pour les dockers dans les ports belges, pour les bagagistes dans les aéroports, pour les travailleurs du transport en général. Ces hommes et femmes politiques, oublient-ils que les ports belges battent record sur record grâce au travail et aux efforts des travailleurs portuaires qui contribuent à l’augmentation continue du trafic et sont connus dans le monde entier pour leur productivité ? Ces hommes et femmes politiques, oublient-ils que les aéroports sont une source de prospérité économique pour notre pays et que les bagagistes dans nos aéroports se tapent chaque jour 30 tonnes de valises ?

Theo Francken attaque lui aussi les travailleurs du transport

Theo Francken – de la même N-VA – a montré lui aussi son hostilité envers les syndicats. A la suite d’un accident avec des transmigrants sur le parking autoroutier de Grand Bigard, il a estimé nécessaire de s’attaquer aux syndicats, disant qu’il ne les entend jamais quand il s’agit de la sécurité sur les parkings autoroutiers. Mais maintenant que la police a été attaquée, Francken découvre soudain qu’il y a un problème de sécurité sur les parkings le long des autoroutes.

Ou bien ‘notre ami’ Theo doit acheter un appareil auditif et des lunettes de lecture, ou bien il est de mauvaise volonté. En effet, depuis 2007 déjà, l’UBT dénonce le problème de la sécurité sur les parkings autoroutiers. Nous avons entretemps consacré six livres noirs à la problématique et les conclusions des enquêtes que nous avons menées sont claires : sur les parkings, il y a un manque de sécurité, un manque de confort et un manque de places de stationnement. Ces trois ‘M’ résument parfaitement la situation. L’UBT a demandé plus de patrouilles de police, une (meilleure) surveillance par caméra et la sécurisation des parkings autoroutiers, ... Depuis plus de trois ans, la N-VA de Theo Francken gère avec Jan Jambon au niveau fédéral et Ben Weyts au niveau flamand tous les départements qui permettent de prendre des mesures dans ce domaine.

Mais qu’ont-ils fait ? Rien ! Nada ! Alors, il faut avoir du toupet pour tirer à boulets rouges sur les syndicats !