Transport équitable en 2018

Nous voulons tous que le secteur du transport prospère car c’est aussi dans l’intérêt des organisations syndicales.

Nous nous réjouissons donc du succès des ports belges. Pour exemple, le trafic dans le port d’Anvers augmente d’année en année, avec pour résultat du travail pour les dockers, les chauffeurs de camion, les travailleurs logistiques, ... Mais encore faut-il que le transport soit équitable.

Bannir le dumping social

Nous ne voulons pas retrouver des chauffeurs de l’Europe de l’Est sous-payés au volant des poids lourds. Or, on en rencontre très souvent. Le dumping social, un cancer qui ronge notre secteur, doit être éradiqué dans l'intérêt non seulement des travailleurs du transport, mais aussi des employeurs qui entendent travailler de manière honnête. Car les employeurs qui respectent les règles se trouvent dans l’incapacité d’affronter la concurrence des fraudeurs qui sortent le plus souvent gagnants des appels d’offres.

Par ailleurs, un routier mal payé, stressé et fatigué, contraint de bivouaquer le long des autoroutes pendant des mois, constitue un danger sur la route. Quand on se soucie de la sécurité routière, on veut bannir le dumping social.

Pas besoin de provocations, sources de troubles sociaux

La stabilité sociale est un moteur du succès. Offrir aux travailleurs la stabilité, la sécurité de statut, un salaire correct ... est un gage de satisfaction et de productivité du personnel.

C’est pourquoi, les attaques récurrentes contre le statut des travailleurs portuaires produisent un effet contreproductif. Ne sont-ce pas les travailleurs portuaires qui fournissent une contribution essentielle au succès de nos ports ? Le système mis en place par la loi Major, qui est un bon système, est un facteur de stabilité qui assure la présence continue d’une main d’œuvre formée et qualifiée dans les ports belges.

Les attaques idéologiques lancées contre le statut du docker sont néfastes et constituent une menace pour la paix sociale.

Innovations indispensables

Le secteur du transport a besoin d’innovation. Celui qui croit pouvoir s’opposer à l’automatisation et à la numérisation se trompe. Mais l’innovation doit-elle se faire sur le dos du personnel ? Quand on voit les ‘Uber’ et les ‘Deliveroo’ de ce monde, on constate que la situation de leurs collaborateurs est le moindre de leurs soucis. N’oublions pas que Deliveroo vient de dévaluer d’un seul trait le statut de ses collaborateurs.

Pour éviter ce genre de situations, il faut une autorité régulatrice qui ne suit pas bêtement les ‘entrepreneurs branchés’, ainsi que du respect pour la concertation sociale. L’introduction de nouvelles technologies, si on veut la réussir, doit se faire en concertation avec les organisations syndicales. Il en découlera des solutions dont personne ne fera les frais.

Le transport équitable, moteur de croissance

Voilà le vœu de l’UBT pour tous ceux qui sont actifs dans le secteur du transport. Que 2018 soit l’année du transport équitable !

 

Frank Moreels
Président de l’UBT