Stop aux “affaires” ! Menez une politique de gauche !

L’UBT est choquée par les dérapages du monde politique qui ont récemment culminé dans l’affaire Samusocial.

Aucun socialiste ne saurait accepter et encore moins justifier le paiement de tels montants de jetons de présence au sein d’une organisation qui s’occupe des sans abri. Ces affaires – allant de Publifin à Samusocial en passant par Kazachgate – doivent cesser. Si le monde politique veut garder sa crédibilité, il devra prendre d’urgence des mesures du type décumul, limitation du nombre de mandats dans les intercommunales, plafonnement du montant total des jetons de présence, ... Le monde politique a d’ailleurs tout intérêt à régler ce problème rapidement et efficacement s’il veut éviter que les électeurs ne se tournent définitivement vers l’antipolitique.

Il ne s’agit d’ailleurs pas d’un problème qui se limite au parti socialiste wallon, comme voudraient le faire croire Benoit Lutgen du CDH ou Bart De Wever de la N-VA. Chez ce dernier parti ainsi que chez les libéraux, ce ne sont pas les cumulards qui manquent. Pensons à l’échevin N-VA anversois Koen Kennis ou à Laurence Glautier, cheffe de cabinet d’Olivier Chastel du MR ou encore à Geert Versnick, échevin pour l’Open VLD à Gand.

Il est grand temps que les politiques y mettent bon ordre afin de se consacrer à la mission pour laquelle ils sont élus : faire de la politique !

Une autre politique est nécessaire !

Les choix politiques imposés par le MR, la N-VA et l’Open VLD sont néfastes pour les travailleurs et sont une preuve de mauvaise gestion. Je cite deux exemples.

Chaque jour, il faut affronter des embouteillages monstres pour entrer et rouler dans Anvers. C’est la galère pour ceux qui habitent ou travaillent à Anvers, c’est la catastrophe pour l’économie. Les transporteurs s’arrachent les cheveux, cette gestion chaotique de la mobilité a un coût gigantesque. La responsabilité de la N-VA est énorme ici. En effet, Bart De Wever est le bourgmestre d’Anvers et Ben Weyts, également de la N-VA, est ministre de la Mobilité en Flandre. Ils détiennent toutes les cartes pour agir, mais ...

Deuxième exemple : la politique du gouvernement fédéral en matière de pensions. Avant les élections, aucun parti gouvernemental n’avait soufflé mot d’un relèvement de l’âge de la pension. Pourtant, à peine arrivé au pouvoir, ce gouvernement a porté l’âge de la pension à 67 ans. Pour beaucoup d’entre nous, il ne sera pas possible de tenir le coup jusqu’à cet âge-là. Dans les aéroports, les bagagistes déplacent jour après jour jusqu’à 30 tonnes de valises par shift. Croit-on vraiment que ces travailleurs pourront tenir jusqu’à l’âge de 67 ans ?

Et quid du ‘profitariat’ dans le monde économique ?

N’oublions pas non plus des figures du type Fernand Huts, PDG de la ‘Katoennatie’, qui ont caché leur argent aux Bahamas. C’est ce même Huts qui empoche chaque année pour 13 millions de subsides grâce aux panneaux photovoltaïques qu’il a installés sur le toit de son entreprise logistique. C’est de l’argent qui vient de vous et de moi ! Peut-être le ministre flamand de l’Énergie, Bart Tommelein, devrait-il s’attaquer à ce problème ?

Par ailleurs, le dumping social dans le secteur du transport est organisé par des entreprises multinationales avides qui imposent aux transporteurs la politique du moins offrant. Elles veulent payer le moins possible pour le transport ... au détriment des travailleurs. Pensons à IKEA, une multinationale qui cultive son image sociale, mais permet l’exploitation des chauffeurs dans la chaîne du transport. Un bel exemple de ‘profitariat’ !

Les socialistes optent radicalement pour le social !

Les socialistes combattent la dérégulation et ne transigent pas avec Uber et consorts. Ils défendent le droit de grève et se battent pour de meilleurs services publics. Ils combattent le dumping social en engageant plus d’inspecteurs et non pas en diminuant leur nombre ... Les socialistes imposent des limites à la flexibilité.

Les projets actuels de la Commission européenne dans le cadre du paquet ‘Mobilité’ sont tout bonnement néfastes pour les travailleurs du transport. L’Europe déclare vouloir combattre le dumping social, mais avance la flexibilité et la régression sociale comme remèdes. C’est cette même Commission européenne qui ne cesse d’attaquer le statut social des travailleurs portuaires. C’est la raison pour laquelle les socialistes doivent prendre l’initiative, passer à la contre-attaque et obliger l’Europe à changer de cap.

Voilà ce qu’attendent nos membres, mais aussi ceux des partis socialistes, PS et sp.a. Voilà ce qu’attend l’UBT. Stop aux affaires et un virage à gauche pour un programme social radical !

 

Frank Moreels
Président
2 juillet 2017

 

frank moreels