Il n'y a qu'une seule réponse à l'extrême droite : NO PASSARAN !

Le lundi 5 juin 2023, le Comité national de l'UBT & FGTB-Métal s'est déroulé à Anvers, avec pour thème principal notre lutte contre la montée de l'extrême droite.

Lisez ci-dessous l'intégralité du discours d'ouverture du président de l'UBT, Frank Moreels.

 

Chers camarades,

Tout d’abord je vous souhaite la bienvenue à la maison du transport.
Vous tous, les délégués de l’UBT et de la FGTB Métal.

A l’entrée de notre bâtiment vous avez peut-être remarqué qu’il y a une plaquette commémorative. Elle nous rappelle un meurtre sur deux militants syndicaux en 1936.
Un meurtre commis par les fascistes!

Aujourd’hui, précisément 87 années et 13 jours ont passé depuis que Théophile Pot et Adolph Grijp ont été assasinés.
Un des deux était un militant de notre UBT, l’autre était aussi un militant syndical.

Mais nos dockers n’ont pas laissé passer ce meurtre sans réagir.
Une semaine après et en réaction à ce meurtre une grève a éclaté dans le port d’Anvers.
Et quelque jours plus tard cette grève a été suivie partout dans le pays.
C’était le signal de départ d’une des plus importantes grèves générales dans notre pays.
Cette action a eu comme résultat des avancées sociales importantes!

Et sans aucun doute vous vous demandez pourquoi je fais référence à ce lâche meurtre commis il y tant d’années?

La réponse est simple, mes chers amis : ils sont de retour!
L’extrême droite et les populistes sont de retour!

Et s’ils n’ont pas leurs bottes et leurs uniformes, comme Schild & Vrienden ou Blood and Honour,
ils portent d’élégantes costumes et de belles chemises et cravates comme Dries Van Langenhove ou Tom Van Grieken.

Et ils sont dans le parlement.

Parce que, oui camarades,
L'extrême droite est de retour,
plus arrogant et dangereux que jamais.

Ils siègent dans les parlements nationaux et européens.
Dans certains pays, elles font partie des gouvernements.

Nous ne pouvons pas nous empêcher de qualifier Victor Orban et son parti Fides en Hongrie d'extrême droite lorsque nous voyons les lois qu'ils votent et qui restreignent les droits des personnes LGBTQIA+.

On ne peut s'empêcher de qualifier Meloni, le premier ministre italien, d'extrême droite, lorsqu'on l'entend dire que Mussolini a certainement aussi réalisé beaucoup de choses positives pour l'Italie.

Et que dire des élections espagnoles où la gauche a perdu. Et pas seulement aux dépens du Partido Popular d'extrême droite, mais aussi aux dépens de l'organisation d'extrême droite Vox !

Réveillez-vous, camarades !
Il est grand temps que vous vous réveillez.
Il est temps de réagir.

Car nous savons tous que, selon les sondages d'opinion, le Vals Belang est le plus grand parti de Flandre. Le risque n'est pas imaginaire qu'ils puissent former un gouvernement flamand avec la N-VA.

Dois-je faire un dessin de ce que cela signifierait, camarades ? Ils exécuteront alors leur programme sans délai : ils laisseront la Belgique craquer, ils laisseront les rats gauchistes rouler leurs tapis ! Et nous en faisons partie, camarades.

Parce que le Vlaams Belang vendent une fausse image selon laquelle ils défendent les travailleurs ... Ils mentent ! Ils ont voté pour la loi de 1996. Ils sont favorables à la norme salariale. Ils ont voté contre l'augmentation du revenu minimum, …

Ils trompent nos partisans, mais n'hésiteront pas à mener des politiques antisociales.
Renvoyer les femmes au foyer. Faire reculer les droits des homosexuels et des lesbiennes, et démanteler les syndicats. Ils veulent d'ailleurs nous donner une personnalité juridique aujourd'hui.

Camarades, pour ceux qui ne l'ont pas encore compris : Notre propre avenir en tant que syndicat est également en jeu.

L'époque où nous haussions les épaules en pensant que notre heure viendrait est révolue. Partout où nous allons, nous devons nous engager auprès des gens et leur expliquer que l'exclusion, le racisme, la haine et la division n'ont jamais résolu aucun problème, mais qu'au contraire, ils en ont déjà créé beaucoup.

Au pub, dans le club sportif, dans le mouvement de jeunesse de votre fils ou de votre fille, lors des fêtes de famille, …

Cessez d'éviter la conversation.
Argumentez.
Expliquez.
Plantez les graines de la résistance à l'extrême droite !

Et camarades, même au sein de notre syndicat, nous devons être clairs.
Avec nous, il ne peut y avoir ni racisme, ni exclusion.
Nos délégués sur les quais, nos délégués dans le transport et logistique, nos élus dans l'aciérie ou l'assemblage automobile. Nous devrions tous protester lorsque nous entendons des propos racistes. Nous devrions tous réagir lorsque nous voyons des syndicalistes ou même des militants entendent ceux qui répètent les populistes, qui disent la même chose que le Vals Belang, mais avec des mots modifiés.

Permettez-moi de terminer par un poème que beaucoup d'entre vous connaissent.
Un poème de Martin Niemoller :
Lorsque les nazis ont arrêté des communistes, j'ai gardé le silence ;
Après tout, je n'étais pas communiste.
Lorsqu'ils ont emprisonné les sociaux-démocrates, je suis resté silencieux ;
Après tout, je n'étais pas un social-démocrate.
Lorsqu'ils sont venus chercher les membres du syndicat, je n'ai pas protesté ;
Après tout, je n'étais pas membre d'un syndicat.
Quand ils ont enfermé les Juifs, je n'ai pas protesté ;
Après tout, je n'étais pas juif.
Quand ils sont venus me chercher
il n'y avait plus personne pour protester.

Camarades,
Si nous voulons vraiment mettre en pratique notre slogan "ensemble on est plus forts".
Si nous sommes vraiment la famille que nous prétendons être.
Si nous prenons vraiment au sérieux notre mission de militants syndicaux.
Alors il n'y a qu'une seule réponse à l'extrême droite.

Et c'est " NO PASSARAN "