Qui payera la facture ?

Après la crise du coronavirus, la guerre en Ukraine nous a plongé dans une nouvelle crise mondiale très dure.

Les prix de l’énergie augmentent à une vitesse vertigineuse. L’inflation est à la dérive. Résultat des courses : les prix que nous payons tous grimpent à une vitesse jamais vue. La question est de savoir qui pourra continuer à payer tout cela ?

Ne touchez pas à notre index !

Comme toujours, lorsque les salaires doivent être adaptés au coût de la vie, les employeurs réunis mettent en cause l’application de l’index. La FEB, Voka, l’Unizo … nous connaissons leurs lamentations par cœur : les employeurs ne peuvent pas payer cela, d’autres pays ne le font pas, notre compétitivité est en danger …

Pour l’UBT, il n’est pas question d’une intervention dans l’index. Dans les secteurs du transport, il y a plusieurs CCT qui règlent l’application de l’index. Les dockers par exemple ont reçu depuis le mois de décembre cinq fois une adaptation de leurs salaires à l’index. Dans d’autres secteurs, le transport routier et la logistique par exemple, cela ne se fait qu’une fois par an. A la fin de l’année, l’index n’est appliqué qu’une seule fois sur toute l’année écoulée.
Quand nous entendons dire aujourd’hui que cette adaptation annuelle ne doit pas être appliquée complètement, nous disons clairement : ‘no way!’. Nos gens dans le transport routier et le secteur logistique ont, eux aussi, droit à une indexation, sachant qu’ils ont financé eux-mêmes une année entière les hausses de prix. Et quand les employeurs disent alors que pour ceux qui ont déjà bénéficié d’une indexation, comme les dockers par exemple, il faut freiner l’application de l’index, nous disons également ‘no passaran!’.

Car une indexation n’est pas une augmentation salariale !

C’est un système qui veille à ce que vous ne perdiez pas de pouvoir d’achat. Il ne fait rien d’autre que d’adapter votre salaire (avec un certain retard et seulement en partie) à la hausse du coût de la vie. Il ne peut donc être question que les travailleurs devraient supporter les frais de la crise, qu’ils ne recevraient pas une adaptation de leur salaire à la hausse du coût de la vie. 

Les prix énergétiques grimpants doivent être mis sous contrôle !

Le prix du gaz et de l’électricité ne cesse de grimper. De plus en plus de gens reçoivent une proposition de révision de leur avance mensuelle pour la facture de l’énergie avec des montants hallucinants ! Des avances de 800 euros par mois ne sont plus une exception. Et ensuite se pose évidemment la question : qui pourra continuer à payer cela ? En tout cas pas le travailleur qui doit s’en sortir avec un revenu moyen. C’est pourquoi nous réclamons un élargissement du tarif social pour les factures énergétiques. C’est pourquoi nous demandons qu’il n’y ait pas de coupures du gaz ou de l’électricité lorsque pendant l’hiver, les gens ne peuvent plus payer leur facture. Et c’est pourquoi nous demandons un blocage des prix à un tarif accessible.

Les entreprises énergétiques font des super profits.

Aujourd’hui, les fournisseurs d’énergie font d’importants bénéfices. En 2021, Engie Electrabel a réalisé plus de 3,4 milliards d’euros de bénéfices et a reversé 1,24 milliard d’euros à l’entreprise mère française. Des chiffres qui donnent le vertige !

De grandes entreprises américaines de gaz et de pétrole comme ExxonMobil et Chevron ont réalisé au cours du deuxième trimestre de cette année des bénéfices records. Et Shell s’en est également bien tiré avec un bénéfice net de 17,6 milliards d’euros au cours du deuxième trimestre.

Alors, n’est-il pas raisonnable d’écrémer les surprofits réalisés par ces entreprises en leur imposant des impôts plus élevés ?

Les gouvernements belges doivent collaborer !

Le gouvernement fédéral a récemment convoqué un comité de concertation réunissant tous les gouvernements. Le gouvernement flamand – par la bouche de la ministre N-VA Zuhal Demir – trouvait cette réunion ‘inutile’.
Comment ose-t-elle ? A un moment où le pays est plongé dans une crise grave, la N-VA trouve nécessaire de jouer des jeux communautaires.

L’UBT exige que tous les gouvernements collaborent mieux et développent un plan concret visant à rendre cette crise supportable par la population. Ce que l’Allemagne est capable de faire, nous devons également être capable de le faire, à savoir élaborer un paquet de mesures concrètes pour aider les Belges à passer cette crise sur le plan financier.

Où est l’Europe ?

Où est l’Europe maintenant qu’elle a l’occasion de démontrer qu’elle peut jouer un rôle important pour aider le citoyen moyen ? Quand y aura-t-il des mesures européennes pour limiter les prix du gaz et de l’électricité dans toute l’Europe ? Les ouvriers du transport connaissent l’Europe comme une machine bureaucratique qui ne fait que déréguler et déstabiliser. Pensons aux tentatives de mettre en cause la Loi Major de nos dockers. Aujourd’hui, l’Europe peut démontrer qu’elle peut être pertinente et positive pour les travailleurs. Ursula Von Der Leyen et Charles Michel doivent cesser de se disputer et doivent imposer à toute l’Europe un tarif maximum payable pour les prix énergétiques.

L’UBT-FGTB en action

Nous en tout cas, au lieu de rester les bras croisés, nous appelons à l’action. Ainsi, le 21 septembre, les trois organisations syndicales se réunissent à Bruxelles pour exiger à l’occasion d’un rassemblement syndical une meilleure politique plus efficace des gouvernements. Et jusqu’à nouvel ordre, nous faisons grève le 9 novembre.

Car nous n’avons nullement l’intention de payer pour cette crise, il n’incombe pas aux travailleurs de payer cette facture!

 

Frank Moreels
Président de l'UBT

8 septembre 2022