L’UBT aux décideurs politiques : Gardez le cap sur nos priorités !

Memorandum UBT 2019.

La congestion des routes belges est une triste réalité. D’année en année, les embouteillages se multiplient. La très grande majorité de nos 55.000 membres s’activent jour après jour sur la route, l’eau ou le quai pour gagner leur vie. Ils vivent chaque jour les conséquences de la densité de la circulation : clients mécontents, stress, agressivité au volant, ... Le préjudice économique de la congestion du réseau routier est évalué à quelque huit milliards, dont la moitié est subventionnée par les avantages fiscaux accordés par les pouvoirs publics aux voitures de société. Il est donc grand temps que dans la perspective de la « mère de toutes les élections », l’UBT-FGTB met un certain nombre de points à l’agenda politique pour rendre les transports plus honnêtes, plus sûrs et plus durables.


Dans notre mémorandum, nous plaidons pour durcir la lutte pour un secteur du transport plus honnête : nous constatons que les pratiques de dumping social (avec ses entreprises boîtes aux lettres, ses contrats intérimaires bidon et une législation déficiente) s’étendent à la navigation intérieure, aux croisières fluviales et au secteur du remorquage. Le Paquet Mobilité de la Commission européenne est un pas en arrière et aura pour effet une exploitation encore plus criante des travailleurs du transport. L’UBT appelle tous les pouvoirs publics à supprimer toutes les failles de la législation, à équiper convenablement les services d’inspection et à créer des conditions égales pour tous les acteurs du secteur du transport. Nous nous opposons aussi à la « tech-ploitation », subsidiée par les tarifs fiscaux avantageux accordés à des plateformes du type Uber et Deliveroo. Et nous voulons améliorer la protection de la main d’œuvre flexible et précaire de la manutention aéroportuaire et des plateformes internet par une nouvelle Loi Major.


Un secteur du transport honnête est aussi un secteur plus sûr. Cela signifie des parkings bien entretenus équipés d’installations sanitaires propres et suffisantes le long des autoroutes et dans les quartiers de la gare, des pontons d’amarrage sûrs pour la navigation intérieure et le secteur du remorquage dans les ports, des abribus propres et bien éclairés pour les passagers et pourquoi pas pour les livreurs à vélo. L’UBT est favorable à une numérisation qui améliore la sécurité des chauffeurs et des autres usagers de la route. Prenons l’exemple de l’enregistrement numérique des temps de conduite, de repos et de navigation qui doivent être considérés du coup comme temps de travail. Nous voulons davantage de formations dans les secteurs et réclamons le développement de l’orientation technique « Transport & Logistique » dans l’enseignement.


Des transports plus sûrs constituent aussi la meilleure garantie d’un transport durable. L’industrie du transport représente environ un tiers de la consommation totale d’énergie. Situation qui ne s’améliorera pas avec le développement de l’e-commerce, à moins que les décideurs politiques ne s’adressent à ces investisseurs en capital-risque pour leur présenter la facture du vrai coût sociétal de leurs activités. Les pouvoirs publics s’appuient encore trop souvent sur des solutions du passé alors qu’il existe aujourd’hui des technologies innovantes qui permettent de rendre les transports plus durables. Ainsi, nous pensons aux bateaux électriques qui pourraient par exemple assurer une partie de la chaîne logistique infra-urbaine pour acheminer les marchandises jusqu’au centre-ville. L’exemple anversois du bus fluvial démontre que la mobilité combinée (vélo-bus fluvial) est le modèle de demain pour orienter les flux de navetteurs dans ce sens. Nous devons stimuler les entreprises de transport à remplacer les vieux moteurs diesel par des alternatives écologiques (CNG et moteurs à hydrogène). Enfin, un secteur du transport durable est à nos yeux aussi un secteur où les travailleurs peuvent tenir au travail jusqu’à l’âge de la retraite. C’est pourquoi, nous voulons un mesurage objectif de la charge physique et du stress dans le cadre du débat sur le travail faisable. 

 

Consultez ici notre Memorandum UBT 2019.