Les chauffeurs professionnels n’auront-ils bientôt plus de repos ? Si ça dépend de l’Europe, oui !

Vider de sa substance le Paquet Mobilité : non !


L’UBT-FGTB s’inquiète au plus haut point de la tournure que prennent les discussions actuelles du Paquet Mobilité au niveau européen. Les syndicats européens du transport ont mené un long combat visant à aboutir au sein du Parlement européen à un compromis raisonnable concernant le Paquet Mobilité.


Frank Moreels, président de l’UBT : “L’Union belge du Transport et sa coupole européenne l’ETF, la Fédération européenne des travailleurs du transport, ont toujours défendu ce compromis avec conviction parce qu’il contient un certain nombre de mesures susceptibles d’améliorer les conditions de travail des chauffeurs professionnels. Dans ce combat, nous bénéficions du soutien de parlementaires européens qui veulent mettre fin au dumping social dans le secteur.”


L’UBT est et reste favorable à la période de référence de deux semaines pour le calcul des temps de conduite et de repos. L’élargissement de cette période de référence à trois ou quatre semaines aggravera le risque d’accidents car un chauffeur fatigué est un danger pour la sécurité routière. L’élargissement de la période de référence posera de grands problèmes, non seulement aux chauffeurs de poids lourd mais aussi aux conducteurs d’autocar. De plus, l’élargissement de la période de référence des temps de conduite et de repos n’est basé sur aucune nécessité économique.


Pour l’UBT, le Paquet Mobilité doit prévoir le retour des chauffeurs à leur domicile et non à leur lieu d’affectation économique, comme certains le voudraient car le seul et unique but de ces derniers est de pousser encore plus dans la précarité les chauffeurs de l’Europe de l’Est par le biais de sociétés boîtes aux lettres.


L’UBT continue aussi à réclamer l’installation obligatoire rapide du tachygraphe intelligent dans les camions ayant une charge utile de moins de 3,5 tonnes.


Frank Moreels, président de l’UBT : “Si l’on continue à vider de sa substance la proposition de compromis que nous soutenons, on rouvrira toute grande la porte au dumping social. Par conséquent, j’appelle tous les participants au trilogue actuel (Commission européenne, Conseil européen et Parlement européen) à respecter le compromis élaboré au Parlement européen. Nous procéderons à une évaluation critique du résultat du trilogue, sachant que pour nous, il n’y a aucune nécessité d’élargir la période de référence de deux semaines. Des décisions fautives en cette matière risquent d’avoir des conséquences désastreuses aussi bien pour les chauffeurs professionnels que pour la sécurité routière.”