Les chauffeurs de bus méritent le respect, pas les coups
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- Catégorie : Nouvelles Transport & Logistique
- Publication : jeudi 18 septembre 2025 11:11
Les agressions envers les chauffeurs de bus : une réalité quotidienne
Dans notre pays, quatre cas d’agression envers des chauffeurs de bus sont signalés chaque jour en moyenne. En 2024, De Lijn a enregistré 1.227 cas d’agression verbale et 169 cas d’agression physique. Au total, 2.300 incidents ont été enregistrés, le nombre le plus élevé jamais atteint. Il est en hausse, puisque 2.040 incidents avaient été enregistrés en 2023. Les faits sont signalés plus rapidement, mais ces chiffres ne constituent probablement que la partie émergée de l’iceberg : de nombreux chauffeurs ne portent pas plainte.
Des agressions qui marquent durablement
Une agression est bien plus qu’un simple incident. Les conséquences pour les victimes sont importantes, tant sur le plan physique et psychologique qu'organisationnel. En 2024, 2.617 jours d’incapacité de travail ont résulté d’une agression. Cela entraîne des milliers de trajets non assurés, une charge de travail plus lourde pour les collègues et de la frustration pour les voyageurs. Le coût social et humain est inacceptable.
Sans parler des victimes indirectes : les collègues qui sont témoins d’incidents ou qui en entendent parler dans les médias ont un sentiment accru d’insécurité et de stress. La satisfaction au travail diminue, la motivation décline et les comportements d'évitement se multiplient.
Qu’est-ce qui rend un chauffeur résilient ?
Gérer les conflits, l’irrespect ou la violence demande beaucoup à nos collaborateurs. Un niveau suffisant de formation, de soutien et de respect n’est donc pas un luxe, mais une nécessité. Les bons contacts avec les voyageurs réguliers rendent le travail plus léger. Mais lorsque cette interaction est négative ou agressive, elle engendre du stress, un sentiment d’insécurité et parfois des absences prolongées.
D’où l’importance des plus de 3.600 entretiens de suivi qui ont été menés en 2024 avec les chauffeurs après des incidents. Ces entretiens offrent un espace pour faire le point et, si nécessaire, orientent vers des travailleurs sociaux ou une aide psychologique externe. Ils ne constituent toutefois qu’une partie de la solution.
Les agressions, un problème systémique
Les causes des agressions sont multiples et trouvent leur origine dans un contexte social plus large marqué par la frustration, les tensions sociales et le manque de fiabilité des services. Bus bondés, retards, parcours modifiés, informations insuffisantes et contrôle social limité sont autant de facteurs qui peuvent rapidement créer des tensions. Ajoutez la pénurie de chauffeurs, la charge de travail élevée et un sentiment d'insécurité et tous les ingrédients sont réunis.
Rôle positif des autres voyageurs
Le rôle des autres voyageurs est crucial. En adoptant un comportement respectueux et en signalant activement les incidents, ils contribuent à renforcer le sentiment de contrôle social. Ils constituent un rempart contre l'escalade et peuvent, consciemment ou non, faire la différence. Les bons comportements sont contagieux.
Mesures contre les agressions : l’UBT-FGTB en faveur d'une approche globale
Lutter contre les agressions passe par une politique misant sur la prévention, la sécurité et le respect. Les mesures suivantes sont nécessaires :
- Plus de place et une capacité suffisante dans les véhicules.
- Des caméras sur les véhicules et aux arrêts à risque.
- Le recours à des gardiens de la paix.
- Des tarifs bas et équitables, une vente de billets simplifiée.
- La suppression des contrôles d'identité inutiles pour les voyageurs munis d'un titre de transport valide.
- Des sanctions sévères contre les fraudeurs et en cas de récidive.
- Une deuxième personne à bord lorsque c’est possible, surtout sur les trajets à risque.
- Des règlements logiques et clairs, appliqués de manière cohérente.
- Le renforcement du travail des éducateurs de rue autour des arrêts.
- Des campagnes ciblées sur la courtoisie et le respect.
- La sensibilisation à l’école.
- La réparation des infrastructures endommagées (graffiti, éclairage).
- Des secours rapides en cas d'incident grâce à des boutons d'alerte ou des lignes d'assistance directes.
- L’amabilité du personnel à l’égard des clients, soutenue par un niveau suffisant de temps et de moyens.
- Des formations sur le stress, la gestion des conflits et la prévention de la violence pour les chauffeurs.
La sécurité, une responsabilité partagée
La lutte contre les agressions n’est pas une tâche qui revient à De Lijn uniquement. Les pouvoirs locaux, les services de police, les écoles, les organismes sociaux, les syndicats et les voyageurs eux-mêmes font tous partie de la solution. La prévention commence en dehors du bus et passe par des investissements dans l’égalité des chances, l’inclusion et le dialogue.
Conclusion : respecter le chauffeur, c’est respecter la société
Les chauffeurs de bus sont plus que de simples conducteurs. Ils sont le visage des transports publics et le premier point de contact pour les voyageurs. Ils méritent une rémunération correcte et de bonnes conditions de travail, mais surtout, ils méritent le respect.
L’UBT-FGTB poursuit le combat pour un environnement de travail sûr, digne et équitable pour chaque chauffeur. Ceux qui font avancer notre société méritent notre soutien entier.
