Madame la Ministre Demir : faites preuve de bon sens et ne privez pas 64 000 travailleurs de leur emploi !

Dans le courant de la semaine prochaine, la Ministre flamande de l’Environnement Zuhal Demir (N-VA) devra décider de l’octroi ou non d'un nouveau permis d'environnement à Brussels Airport.

Si la ministre suit aveuglement l’avis de la commission régionale du permis d'environnement (GOVC), qui plaide pour un durcissement des normes de bruit (max. 60 dB) pour les vols de nuit à partir de 2028, on peut s’attendre à un bain de sang social.

Des travailleurs et des employeurs inquiets

Les travailleurs représentés par l’UBT-FGTB et occupés dans et autour de l’aéroport national de Brussels Airport, qu'il s’agisse des bagagistes, des ouvriers de la logistique et des services de coursiers, des chauffeurs de taxi, des chauffeurs de bus et d’autocars ou des camionneurs, par exemple, s’inquiètent beaucoup pour leur travail. Les employeurs et les économistes du transport ont également exprimé leur inquiétude ces derniers jours. « Si la ministre décide dans quelques jours de suivre l’avis de la GOVC dans le cadre du renouvellement du permis d’environnement de Brussels Airport, on peut s’attendre à un bain de sang social en 2028. Ce serait jouer avec l’emploi de 64.000 personnes », a déclaré le président de l’UBT, Frank Moreels.

Des normes de bruit plus strictes qu’en Région bruxelloise

Dans son avis, la GOVC préconise d’interdire aux avions de dépasser 60 décibels la nuit d’ici 2028. Cela concerne les vols entre 23h00 et 7h00. Pour vous donner une idée : 60 décibels, c’est le bruit que fait un climatiseur ou un lave-linge ordinaire. Cette condition est encore plus sévère que les règles strictes de la Région bruxelloise qui fixent la norme à 80 à 90 db. Indirectement, cette condition implique l’interdiction des vols de nuit, ce que confirme Wouter Dewulf, professeur d’économie de l’aviation à l’Université d’Anvers. « Dans l'état actuel de la technologie, il n'existe actuellement aucun avion capable de décoller ou d'atterrir aussi silencieusement », précise Frank Moreels. « Il est important que nos pouvoirs publics encouragent les compagnies aériennes à renouveler leur flotte, mais les objectifs qu’on leur impose doivent rester réalistes : quatre ans, c’est trop peu pour franchir un tel cap. »

L’avenir de Brussels Airport hypothéqué !

Si la Ministre insère ces normes strictes dans le permis d’environnement, le développement futur de l'aéroport sera fortement hypothéqué, à la fois pour le cargo et pour les passagers. En outre, le durcissement des normes de bruit menace également les vols entrants de Brussels Airlines le matin et le soir. Brussels Airport revêt une importance économique stratégique pour l’économie et l’emploi en Belgique. « Actuellement, Brussels Airport génère 64 000 emplois directs et indirects », ajoute Frank Moreels. « Il réalise une plus-value de plus de 5 milliards d’euros. L’importance économique de l’aéroport ne fait aucun doute. Si la Flandre veut continuer de se profiler comme un acteur logistique en Europe, l’aéroport national de Zaventem joue un rôle essentiel. »