L'interdiction des vols de nuit à Zaventem met en péril 14.000 emplois

L’Union Belge du Transport (UBT-FGTB) a dû lire dans la presse le projet du ministre de la Mobilité Georges Gilkinet d'interdire les vols de nuit à l'aéroport de Bruxelles.

Sans la moindre concertation, le ministre lance un plan liberticide pour l'emploi. Représentant le personnel du "handling" de l'aéroport et les travailleurs de la logistique autour de ce même aéroport, nous ne pouvons accepter cette proposition.

L'aéroport de Bruxelles est le deuxième pôle économique de la Belgique après le port d'Anvers. Les vols de nuit sont une partie essentielle du trafic aérien international à cet égard et jouent un rôle crucial dans la connexion de la Belgique avec le reste du monde, ainsi que dans le soutien des chaînes logistiques de nombreuses entreprises.

L’UBT-FGTB reconnaît qu'il existe des préoccupations légitimes concernant la pollution sonore et l'impact environnemental que les vols de nuit peuvent causer. Cependant, une interdiction irréfléchie n'affectera pas seulement les compagnies aériennes et les exploitants d'aéroports, mais aura également un impact négatif sur les milliers d'employés travaillant dans le secteur.

Frank Moreels, président de l’UBT : "La suppression des vols de nuit et la prise à la légère du rôle de l'aéroport national mettent en péril 14 000 emplois. En tant que syndicat, nous sommes ouverts à des discussions constructives sur la réduction des nuisances sonores et des impacts environnementaux, mais l'interdiction unilatérale des vols de nuit n'est pas la bonne approche."

Le dialogue entre toutes les parties prenantes est essentiel pour trouver des solutions équilibrées et durables. Cependant, la voix des travailleurs est systématiquement ignorée dans ce débat.

Il est urgent d'élaborer un programme - en collaboration avec les compagnies aériennes et les opérateurs de fret - pour que les vols de nuit soient assurés par de nouveaux avions peu bruyants. Les investissements actuels et futurs de DHL, par exemple, pour obtenir des règles réalistes en matière de normes sonores sont déjà connus.

En outre, les travailleurs de l'aéroport de Zaventem en ont assez d'être "utilisés" dans les jeux communautaires par les politiciens. Ils constatent que le parti du ministre - Ecolo - applique deux poids deux mesures dans ce dossier. A l'aéroport régional de Liège, il y a plus de vols de nuit qu'à Zaventem, sans que le ministre ne semble y trouver à redire. L’UBT-FGTB plaide donc pour une refédéralisation des compétences en matière de normes de bruit et d'aviation. Cela pourrait déjà résoudre de nombreux problèmes et permettre une politique coordonnée.

Pour l’UBT-FGTB, il est provocateur que le ministre lance cette proposition au milieu de la saison la plus chargée pour nos avions et qu'il ne se concentre que sur l'aéroport de Zaventem.