Grève historique des chauffeurs routiers d'Europe de l'Est en Allemagne contre des années d'exploitation par l'employeur et les donneurs d'ordres

Les chauffeurs des sociétés de transport polonaises Lukmaz, Agmaz et Imperia - appartenant toutes au même chef d'entreprise - sont en grève sur un parking à Gräfenhausen sur l'A5 près de Weiterstadt (Darmstadt-Dieburg) depuis vendredi dernier parce qu'ils n'ont pas reçu de salaire depuis plus d'un mois.

Frank Moreels, président de l'UBT : "Il est historique que des chauffeurs exploités d'Europe de l'Est refusent de travailler pendant plus d'une semaine parce qu'ils en ont assez d'avoir été exploités pendant des années. Ils ont le soutien de l'ETF et de tous les syndicats de transport qui lui sont affiliés".

Intimidation par une milice privée

Vendredi dernier, la situation a dégénéré lorsque le chef d'entreprise a tenté d'intimider les chauffeurs grévistes avec une milice privée. À bord de véhicules blindés et en tenue de combat, cette milice avait pour mission d'intimider les chauffeurs de camion et, si nécessaire, d'utiliser la force pour emporter les camions. Heureusement, la police était présente et a réussi à régler le conflit, au cours duquel 19 personnes ont été arrêtées, dont le propriétaire de l'entreprise de transport polonaise.

Les donneurs d'ordres doivent prendre leurs responsabilités !

Les chauffeurs des différentes entreprises polonaises conduisaient pour le compte de grandes entreprises telles qu'Ikea, Volkswagen, DHL, LKW Walter, Sennder et CH Robinson. L'ETF demande aux principaux acteurs économiques qui utilisent des sociétés de transport malhonnêtes et criminelles de cesser de faire des affaires avec le propriétaire de ces sociétés de transport polonaises. Frank Moreels : "Les acteurs économiques détiennent la clé pour mettre fin à cette exploitation et à ce dumping social. Dans leur race-to-the-bottom en matière de transport, l'exploitation et les activités criminelles sont le seul moyen d'atteindre ce prix beaucoup trop bas. Il est urgent de mettre un terme à cette situation."

Safe rates pour le secteur européen des transports

Le dumping social dans le transport routier ne peut cesser que si les clients paient un prix décent pour le transport routier. Il est donc urgent que ces donneurs d'ordre économiques paient de meilleurs tarifs. Tant qu'ils continueront à se soustraire à leurs responsabilités en tirant les tarifs vers le bas, seules les entreprises de transport criminelles qui exploitent les chauffeurs et bafouent toutes les règles pourront continuer à exercer leur métier. Il est grand temps de changer d'attitude en Europe.