Plus de 35 chauffeurs bulgares victimes de pratiques de dumping social à Tessenderlo

Après une action coordonnée des services d’inspection, de la police fédérale et du parquet, plus de 35 chauffeurs bulgares se trouvent bloqués à Tessenderlo.

Après une journée d’interrogations, tous les véhicules de la firme Kumas Trans ont été saisis, tandis que les chauffeurs ont été hébergés dans un hôtel voisin.


Chauffeurs en désespoir de cause

L’UBT-FGTB a été contactée dimanche après-midi par un des chauffeurs qui parlait un peu l’anglais. Il nous racontait que les services d’inspection et la police étaient descendus au siège de l’entreprise où étaient aussi garés leurs poids lourds. Frank Moreels, président de l’UBT-FGTB : “Tous les chauffeurs qui prenaient leur repos hebdomadaire à Tessenderlo y sont bloqués. Leurs camions ont été saisis si bien qu’ils sont dans l‘impossibilité de travailler. Les chauffeurs sont désespérés car ils n’ont ni argent ni véhicule pour travailler ou pour retourner en Bulgarie.” Lundi, ils auront l’occasion de récupérer leurs effets personnels.


Pas de salaire pendant deux mois

Tous les chauffeurs ont raconté la même histoire à l’UBT-FGTB. Ils viennent ici avec leur camion bulgare ou avec leur propre voiture s’ils doivent rouler ici avec un camion belge. Chaque chauffeur a un contrat bulgare alors que leur employeur est actif en Belgique et ne possède qu’une boîte aux lettres en Bulgarie. Chaque chauffeur a par conséquent droit aux conditions de travail et de salaire en vigueur en Belgique. La grande majorité d’entre eux n’a plus reçu de salaire depuis deux mois. Voilà un cas typique de dumping social, d’exploitation et de fraude. Les chauffeurs sont exploités par un employeur véreux belge qui ‘tue’ ses collègues transporteurs honnêtes en pratiquant des tarifs de dumping. Tarifs qu’il ne peut offrir que parce qu’il organise la fraude et le dumping social.


Solidarité européenne

L’UBT-FGTB assistera les chauffeurs bloqués en leur trouvant éventuellement un emploi décent ou en les rapatriant. Frank Moreels : “A cet effet nous prenons contact avec nos collègues du syndicat du transport bulgare et de l’ETF, la Fédération européenne des travailleurs du transport. De plus, nous saisirons l’Autorité européenne du travail (ELA) de cette affaire .” L’Autorité peut veiller à ce que les services d’inspection bulgares intentent une action contre l’entreprise en Bulgarie. L’UBT-FGTB suivra le dossier de ces chauffeurs de près en collaboration avec le syndicat du travail bulgare et l’ETF. Voilà un bel exemple d’une coopération bilatérale et d’une solidarité dans l’intérêt de ces chauffeurs.