Le Ministre Dermagne tape dans le mille : de meilleurs salaires sont la solution à la pénurie de chauffeurs !

La fédération patronale Febetra réagit comme piquée au vif. Selon elle, la pénurie de chauffeurs en Belgique ne pourra pas être résolue en payant des salaires plus élevés.

L’argumentation de la Febetra est totalement à côté de la plaque car on ne doit pas opposer le marché du travail belge au contexte européen du transport. La vérité est que les chauffeurs sont sous-rémunérés partout en Europe. Si on veut attirer des chauffeurs en Belgique, il faudra également leur payer de meilleurs salaires. Car les salaires horaires payés aujourd’hui dans le secteur du transport sont inférieurs à ceux payés dans le secteur du nettoyage !

Une loi économique fondamentale

Le Brexit a montré clairement que le secteur du transport en Europe a vécu pendant des années du travail au rabais et des pratiques de dumping social. Et que les chauffeurs sont depuis tout ce temps sous-rémunérés pour le travail qu’ils font. Frank Moreels, président de l’UBT-FGTB : “C’est une loi économique fondamentale : une demande importante associée à une offre limitée fait monter les prix. Nous le voyons aujourd’hui avec les tarifs : la demande dans le domaine du transport dépasse sensiblement l’offre. Conséquence : les tarifs augmentent. Pourquoi en serait-il autrement des salaires des chauffeurs ?” On a fait face à la pénurie de chauffeurs en Belgique -qui n’a fait que s’accroître au cours des quinze dernières années- en occupant des chauffeurs étrangers bon marché, souvent au moyen de montages douteux tels que le création de sociétés boîtes aux lettres.

Campagnes

Améliorer l’attrait de la profession est LA solution pour attirer des chauffeurs. Toutes les campagnes menées dans le passé pour améliorer l’image du secteur ont fourni la preuve que la publicité à elle seule ne suffit pas.
Frank Moreels : “Ces quinze dernières années, les partenaires sociaux du secteur ont investi par l’intermédiaire du fonds social des moyens très importants pour attirer des travailleurs vers le secteur au moyen de campagnes, d’offres de formation, de collaborations avec les écoles et les services de placement.” Mais le manque de chauffeurs n’a fait que s’accroître. Il faut donc d’autres moyens pour améliorer l’attrait de la profession. Un meilleur équilibre entre travail et vie privée, permettant aux chauffeurs de ne plus devoir travailler plus de 60 heures par semaine pour avoir un revenu décent. La seule solution à cet effet est une semaine de travail de 38 heures et des salaires plus élevés.

Concurrence avec d’autres secteurs

Chaque chômeur, étudiant ou travailleur qui obtient son permis de conduire CE pour commencer à travailler comme chauffeur tiendra compte, en postulant, d’un certain nombre de critères. Un des principaux critères est bien entendu le salaire. Frank Moreels: “Lorsqu’un chauffeur a le choix de commencer à 12,50 euros de l’heure dans le secteur du transport ou à 15-17 euros de l’heure dans la construction ou l’alimentation, que choisira-t-il, pensez-vous ?” Prétendre qu’un salaire horaire plus élevé n’améliorera pas l’attrait du secteur est un non-sens. Le Ministre Dermagne a totalement raison quand il dit que la suppression des emplois en pénurie passera nécessairement par une amélioration du salaire de ces métiers.