Une nouvelle étude confirme : les chauffeurs européens sont fatigués au volant !

Aujourd'hui, l'ETF, en collaboration avec un certain nombre de syndicats européens, dont l'UBT-FGTB, présente une nouvelle étude européenne.

Elle montre qu'une très forte proportion de chauffeurs européens sont fatigués au volant. Lors de la conférence de deux jours intitulée "Driver Fatigue in European Road Transport", qui débute aujourd'hui, les résultats de la recherche seront analysés plus en détail et expliqués lors d'une conférence de presse qui se tiendra vendredi matin, le 4 juin à 9h.

 


Nécessité d’études scientifiques

L’étude, qui s’est focalisée sur les chauffeurs professionnels de camion, d’autobus et d’autocar, a été commandée par l’ETF afin d’examiner si une étude scientifique pouvait confirmer la supposition que beaucoup de chauffeurs européens sont fatigués au volant. Les études scientifiques à l’échelle européenne sur cette problématique sont rares, la dernière datant déjà d’il y a plus de quinze ans.

Tom Peeters, vice-Président ETF Road Section : “Pour nous il était absolument nécessaire qu’une étude scientifique démontre effectivement que de nombreux chauffeurs professionnels en Europe sont fatigués au volant.”

 


Causes de la fatigue

  • Manque d’un repos de qualité suffisant : les chauffeurs sont dans l’impossibilité de se reposer suffisamment pour reprendre la route frais et dispos le lendemain en raison du manque de parkings confortables et de leur présence permanente dans la cabine de leur camion. Le stress au travail, le bruit et les longues journées de travail sont d’autres facteurs qui sont à l’origine du manque d’un repos qualitatif et suffisant.
  • Longues journées et semaines de travail : 88% des chauffeurs de camion et 60% des conducteurs d’autobus et d’autocar travaillent plus de 40 heures par semaine. De plus, une grande partie de ce temps de travail n’est pas enregistré en raison de l’utilisation fautive du tachygraphe, de sorte que la journée de travail monte bien vite à 12-14 heures en raison des nombreuses heures non enregistrées.
  • Bas salaires pour les chauffeurs professionnels : les salaires sont trop bas de sorte que les chauffeurs sont contraints de faire de longues journées de travail afin d’avoir un salaire décent à la fin du mois. Des semaines de 50 heures et plus ne sont donc pas une exception mais plutôt la règle. Une semaine de travail de 40 heures permettant de gagner un salaire décent est une exception.


Tom Peeters : “Nous demandons depuis des années que les chauffeurs soient rémunérés conformément aux capacités et aux compétences requises pour ce métier. En Belgique, un chauffeur qualifié, qui doit d’ailleurs suivre des formations complémentaires, gagne toujours moins qu’un travailleur dans le secteur du nettoyage. Il est grand temps que l’Europe reconnaisse, y compris dans le salaire poche, que le métier de chauffeur professionnel est un maillon essentiel de l’économie.”

Outre la demande de meilleurs salaires, l’ETF pose d’autres revendications aux décideurs politiques européens et notamment le renforcement des contrôles et une Autorité du travail européenne performante.

Consultez l'étude complète ici.