Elections sociales 2020: Faites connaissance avec ces trois candidats

Les prochaines élections sociales auront lieu du 11 au 24 mai 2020.

Elles sont l‘occasion d’élire les représentants des travailleurs au comité pour la prévention et la protection au travail ainsi qu’au conseil d’entreprise. Tout le monde veut que l’employeur s’occupe de la santé et de la sécurité des travailleurs, qu’il respecte les conditions de travail et de salaire, que les rythmes de travail soient supportables.

Tous les travailleurs savent que leurs droits, comme le droit aux jours de vacances, le droit à des vêtements de travail décents, le droit à des horaires de travail corrects, ... doivent être respectés.

Pour forcer ce respect, il faut des délégués. Pour informer, conseiller et défendre leurs collègues. Pour lutter pour les droits des travailleurs. Pour avancer ENSEMBLE ! Permettez-nous de vous présenter trois candidats passionnés.

 

Else Martens

‘Préserver les acquis syndicaux’

Else Martens (53) travaille depuis 15 ans comme chauffeure de bus. Elle a été pour la première fois candidate-déléguée aux élections sociales de 2016 : « Je sentais que comme travailleuse seule, je ne disposais pas du rapport de forces pour changer et améliorer la situation dans l’entreprise. Or, comme déléguée syndicale, je peux effectivement le faire. »

Le cheval de bataille d’Else Martens ? Elle se bat depuis quatre ans pour obtenir de meilleurs équipements sanitaires pour les conducteurs de bus. « Lorsque les chauffeurs doivent aller aux toilettes en cours de route, ils se heurtent à un grand problème, et c’est encore plus le cas des femmes. En effet, les terminus ne sont pas tous équipés de toilettes et s’il y en a, il s’agit très souvent de ces cabines chimiques sans chauffage ni éclairage ni eau courante. »

Equipements sanitaires pour les chauffeurs de bus : la situation demeure problématique

« C’est pourquoi je me bats depuis quatre ans pour de meilleurs équipements sanitaires. La situation évolue dans le bon sens, mais il reste un long chemin à parcourir. Il est vrai qu’il y a déjà un plus grand nombre de toilettes. Et les services de nettoyage font de leur mieux pour les entretenir. Mais il est impossible de faire d’une cabine en plastique des toilettes agréables. Au bout d’un certain temps, les portes ne ferment plus et le plastique devient sale. Je puis vous assurer qu’on ne s’y sent nullement à son aise. Par conséquent, ce thème restera mon cheval de bataille après les élections de 2020. »

Plaidoyer pour des trajets et des horaires réalistes

Un autre dada d’Else est la santé physique des chauffeurs. Au bout de 15 ans de carrière, elle a éprouvé elle-même l’impact du boulot de chauffeur sur le corps humain : elle a été « out » en raison d’une hernie discale.

Else Martens : « Le travail assis, c’est le nouveau tabagisme. Le chauffeur de bus est assis toute la journée. A cela s’ajoute que les horaires de De Lijn ne tiennent nullement compte de la densité accrue de la circulation. Un même trajet dure beaucoup plus longtemps aux heures de pointe qu’au cours d’un après-midi bien calme. Pour rattraper le temps perdu, il arrive de plus en plus souvent que les chauffeurs ne prennent plus leur pause... et restent en position assise encore plus longtemps ! J’ai vu de nombreux collègues tomber malade à cause de ces problèmes physiques. C’est pourquoi je continue à me battre pour des temps de conduite et de repos plus humains qui tiennent compte de la congestion du réseau routier. »

Donner une visibilité au dur labeur des chauffeurs de bus

Else Martens : « Les chauffeurs de bus sont à la une des journaux quand ils se plaignent ou quand ils font grève. Ce qu’on ne voit ou n’entend pas, c’est que nous veillons à ce que les gens puissent aller travailler ou retrouver leur famille en toute sécurité, que nous aidons à monter à bord les personnes en difficultés, que nous ne prenons pas nos pauses pour respecter les horaires... C’est pourquoi le travail syndical est tellement important. Pour donner une visibilité au travail des conducteurs de bus, pour mettre les conditions de travail parfois difficiles à l’agenda – la congestion des routes, l’agressivité de certains passagers et la charge physique de notre travail. Pour continuer à lutter pour la préservation des droits acquis. Je voudrais donc encourager également les jeunes à être candidat aux élections sociales. Car il faut absolument préserver les acquis syndicaux ! »

ElseMartens FR

 

Mustafa Dani

‘Le sens de mon engagement ? Mieux aider mes camarades !’

Pourquoi est-ce important de représenter les travailleurs dans un Conseil d’Entreprise ? C’est la question que nous avons posée à Mustafa Dani, chauffeur pour le transporteur Van Moer de Zellik , qui a représenté l’UBT ces quatre dernières années dans le CE et la délégation syndicale.

« Mon engagement syndical est venu très naturellement », explique Mustafa. « Les gens me connaissaient bien parce que je suis aussi formateur en gestion du transport de marchandises. Ils avaient donc l’habitude de venir informellement vers moi, parfois avec des questions sur leurs droits. Je les aidais avec plaisir parce que la solidarité est une valeur fondamentale pour moi, mais dans le même temps je n’avais pas de mandat pour ça ni accès à toutes les infos. C’est donc cela qui m’a poussé à me lancer dans l’aventure : avoir plus de poids, de légitimité et de compétences pour mieux aider mes camarades. Et c’est ainsi que je me suis retrouvé au CE et que j’ai intégré la délégation syndicale. »

Des outils mieux adaptés et l’obtention des chèques repas

Mais quels sont les combats que Mustafa a mené durant ce premier mandat ? « Nous livrons surtout des magasins de la grande distribution belge. Et nous devons donc utiliser très souvent des machines », précise Mustafa. « Des problèmes majeurs se posaient de ce côté-là. Les machines n’étaient dans certains cas pas sécurisées. Ou elles ne permettaient pas de travailler avec un minimum de bien-être. Nous avons obtenu des avancées importantes. Ces machines sont désormais agréées par des organismes de contrôle, et la situation s’est donc améliorée sur le terrain.

Une autre victoire importante de ce mandat ? L’obtention de chèques repas. Et nos priorités pour le futur ? Une rémunération juste, l’augmentation des chèques repas et l’amélioration de nos condition de travail. »

Un combat permanent mais constructif

Que pense Mustafa de ces quatre années au service de ses camarades ? « Le combat doit se mener en permanence, mais il peut aussi se jouer de manière constructive. Avant 2016, la FGTB était peu présente dans l’entreprise. Suite aux élections, nous avons débarqué en force dans les instances, ce qui a suscité la méfiance de la direction. Mais à force de travail et d’engagement, ils ont revu leurs préjugés et nous avons pu avancer de manière constructive.

Un autre élément essentiel de ce mandat ? Le soutien de la centrale, toujours là pour nous conseiller et nous aider à bien préparer les questions complexes. Je savais que je pouvais toujours compter sur leur aide, et cela a aussi fait la différence. »

Et si c’était à refaire ? « Je repars sans hésiter », conclut Mustafa. « J’espère d’ailleurs poursuivre ce travail après 2020 ».

MustafaDani FR

 

Richard Deville

‘Le bien-être des travailleurs, un combat qui me tient à cœur’

Vous avez l’habitude de circuler sur les routes liégeoises ? Vous avez peut-être déjà croisé celle de Richard Deville (43) au volant de son camion. Chauffeur chez Renewi, il est aussi depuis les dernières élections sociales délégué syndical UBT.Il nous parle de son engagement.

« J’ai 43 ans, je suis liégeois et papa de trois enfants. Je conduis des camions pour le compte de Renewi, une entreprise internationale de collecte et recyclage de déchets, issue de la fusion entre Shanks et Van Gansewinkel. Je m’occupe de la récolte des déchets des entreprises : restaurants, PME, supermarchés... Je suis fils de chauffeur et c’est aussi aux commandes d’un camion de transports internationaux que j’ai commencé à travailler à 22 ans.

D’où vient mon engagement syndical ? Une action menée par le syndicat au moment de la fusion a éveillé ma curiosité et m’a donné l’envie d’agir. J’en ai parlé à mon délégué, en lui expliquant aussi que si je devais prendre de telles responsabilités, je voulais absolument
être prêt et formé à ma mission syndicale, de manière à donner le meilleur de moi-même. »

Apprendre et progresser

Et c’est ainsi que Richard s’est présenté pour la première fois sur les listes des élections sociales pour le CPPT. « J’ai été élu en tant que suppléant. Mais je suis très vite monté au front comme délégué pour remplacer un collègue tombé en incapacité permanente. J’ai pu compter sur l’aide des anciens qui m’ont encadré et expliqué tout ce que je devais savoir sur le fonctionnement du CPPT. J’y siège depuis quatre ans, ce qui m’a permis d’être utile et d’apprendre énormément de choses. Apprendre, progresser et me créer un réseau : c’est aussi ce que j’ai fait grâce aux formations de l’UBT et de la Fondation André Renard. »

Faire bouger les choses

Quelle est l’importance d’un syndicat dans la vie d’une entreprise et de ses travailleurs ? « Il est essentiel d’être inclus dans ces processus du CPPT où se prennent de nombreuses décisions qui ont un impact sur la vie des travailleurs », répond Richard. « Cela nous permet de réagir, d’informer et d’éviter que ces décisions passent en catimini, parfois au détriment du bien-être des travailleurs, un enjeu qui me tient particulièrement à cœur. Et chaque fois que nous arrivons à faire bouger les choses, cela a son importance, même à notre petite échelle. Les combats dans lesquels je vais continuer à m’investir ? La lutte contre le dumping social, mais aussi la revalorisation des salaires. »

Et si Richard devait conseiller un nouvel élu, que lui dirait-il ? « Es-tu prêt à écouter, à transmettre et à te donner à fond ? Car c’est là l’essentiel de l’engagement. »

RichardDeville FR

 

Vous voulez en savoir plus sur les élections sociales ou vous souhaitez vous porter candidat ?

Cette article est publiée dans la dernière édition de be motion, le magazine trimestriel de la FGTB-UBT. Lisez ce magazine complètement en ligne.