Dans le dossier "files" publié hier dans le
quotidien flamand Het Nieuwsblad, les chauffeurs de
camion sont une fois de plus culpabilisés d'être à
la base du problème des embouteillages sur les
routes belges. D'après une enquête réalisée à la
demande de ce même journal, une partie du grand
public veut bannir les poids lourds des heures de
pointe. Pour commencer on devrait leur interdire de
dépasser. Une fois de plus la croissance du
transport par camion est indiquée comme la cause
principale des files.L'UBOT-FGTB, qui
représente les chauffeurs de camion, demande à
toutes les parties concernées de bannir
l'imprévoyance et la divulgation d'opinions en
slogans de la discussion concernée.
En effet, tout comme les autres usagers de la
route, les chauffeurs de camion sont eux aussi les
victimes des embouteillages sur les routes belges.
Le fait qu'ils doivent charger ou décharger avant
une certaine heure, constitue pour eux un agent
stressant, surtout lors des files. De plus, les
employeurs font toujours davantage de pression sur
les chauffeurs afin de les faire rouler plus vite,
de les faire passer sur leurs temps de repos, suite
à quoi ils commettent des infractions.
C'est que la croissance du transport s'insère
dans les lois économiques, dont le chauffeur est
lui-même la victime. De plus en plus d'entreprises
produisent selon le principe du "juste à temps" pour
éviter les stocks et elles se replient sur leurs
activités essentielles en cédant les autres
activités à des sous-entrepreneurs... Voilà pourquoi
le nombre de transports par camion est toujours en
augmentation.
Que pensera le consommateur lorsqu'il constate
que les livraisons chez Carrefour, Delhaize ou Lidl
n'ont pas eu lieu tôt le matin ?
Et l'employeur (et le travailleur) de Volvo ou de
GM que fera-t-il lorsqu'il constate que la chaîne de
production n'est pas approvisionnée régulièrement
par des pièces à livrer par les sous-entrepreneurs ?
Soyons honnêtes : la moitié des Belges se rendent
à leur travail en voiture. Ceux qui organisent le
carpooling restent des exceptions (vous n'avez qu'à
regarder autour de vous, lors d'un embouteillage,
pour constater qu'à l'exception de la place du
chauffeur, aucune autre place n'est occupée dans les
voitures).
C'est la raison pour laquelle l'UBOT plaide en
faveur d'une approche nuancée :
- des parkings sécurisés et confortables pour
les chauffeurs de camion, le long d'autoroutes
sécurisées et bien entretenues (souvent une
chaussée déformée, un orniérage et des
situations dangereuses sont à l'origine
d'accidents et d'embouteillages);
- un plan de mobilité dans lequel on offre à
tous les modes de transport la possibilité de
contribuer à diminuer le problème de la mobilité
:
ainsi la navigation intérieure et le
transport par train peuvent aider à faire
décroître le
transport par camion;
ainsi, un transport public meilleur, plus
efficace, bon marché ou gratuit ét le
carpooling peuvent aider à limiter les
problèmes du trafic...
Il ressort d'un
sondage effectué par la FGTB flamande que 59 %
des travailleurs sont
obligés de prendre la voiture pour se rendre à
leur travail.
- un examen profond des "émo-propositions"
avant de les proclamer comme éléments
- utiles à la résolution du problème des files
(voir l'interdiction de dépasser, la
suppression de conduire aux heures de
pointe, les écocombis, etc.)
- et qu'on s'arrête de culpabiliser le
chauffeur !