La centrale UBOT de la
FGTB assume l’entière responsabilité des actions
menées par les bagagistes de Flightcare et
Aviapartner à Zaventem.
Il va de soi que nous regrettons les conséquences de
ces actions pour les voyageurs. Il va de soi aussi
que nous trouvons cela grave pour les touristes qui
voient leur vol retardé ou qui reçoivent leurs
valises chez eux plus tard.
Mais la responsabilité est à rechercher au niveau
des directions des deux entreprises. Ce sont elles
et elles seules qui sont à l’origine de la situation
que l’on a connue.
L’UBOT A PRIS SES RESPONSABILITES
Depuis des mois, l’UBOT a mis en garde contre les
problèmes qui s’annonçaient :
manque de personnel, trop de charge au travail,
stress...
Depuis des mois, nos délégués syndicaux ont
demandé aux responsables du personnel des
entreprises respectives de prendre des mesures en
vue des mois d’été qui s’annonçaient chargés.
Nos secrétaires syndicaux aussi ont lancé les
signaux nécessaires à la direction à ce sujet, en
soulignant la gravité de la problématique.
MAIS N’A PAS ETE PRISE AU SERIEUX!
Force est de constater que ces signaux n’ont pas
été pris au sérieux par les directions, ce que nous
regrettons.
Des engagements pris à la légère ou de grandes
promesses – qui n’ont pas été (totalement)
concrétisés – ne suffisent pas pour charger et
décharger des avions.
Pour ce faire, ce ne sont pas des promesses
dont nous avons besoin, mais du personnel suffisant
ainsi que des installations techniques adéquates qui
sont de préférence totalement en ordre.
A ces deux niveaux, les directions font défaut.
C’est d’ailleurs un problème récurrent.
Tout le monde sait que les mois d’été sont des mois
très chargés à l’aéroport de Zaventem. Les
directions des sociétés concernées ne doivent donc
pas l’ignorer. Nos
militants syndicaux le savent aussi. C’est pourquoi,
ils ont prévenu les directions à temps et demandé
des mesures pour éviter que les problèmes ne se
reproduisent.
Début juillet, des tensions sont apparues chez
Flightcare et nous avons dû brandir la menace des
actions.
La semaine dernière, c’en était trop ! L’action a
d’abord été lancée chez Aviapartner, puis le
mouvement a suivi chez Flightcare.
Malheureusement, nous sommes confrontés à une
direction qui sait bien parler, annoncer des projets
et expliquer ce qu’elle souhaite réaliser ... Mais
toutes ces belles paroles ne se traduisent pas en
mesures concrètes. Et ceci nous amène à la deuxième
raison qui explique le pourquoi des actions : le
personnel est fatigué de ces belles paroles et de
ces promesses en l’air.
Le personnel veut être pris au sérieux. Il faudra de
gros efforts pour effacer le malaise créé par la
direction.
STRESS ET CHARGE AU TRAVAIL
Le manque de personnel pour le chargement et
déchargement des avions n’est évidemment pas sans
conséquences : les membres du personnel présentent
des lésions physiques, ils sont surchargés de
travail et subissent trop de stress, ...
De plus, les membres du personnel employés
pendant les vacances sont trop peu formés et les
procédures de sécurité ne sont pas toujours
respectées, avec toutes les conséquences qui
s’ensuivent.
Enfin, si formation il y a, elle entraîne à son tour
des retards et une surcharge de travail pour les
autres membres du personnel.
Le personnel suit, s’efforce de faire de son
mieux, il court pour y arriver dans les temps,
jusqu’à ce qu’il craque.
Hier encore, un ouvrier qui charge les avions
nous expliquait qu’il y a quelques jours, il s’était
retrouvé enfermé dans la soute à bagages d’un avion:
trop pressés, ses collègues n’avaient pas remarqué
qu’il faisait un dernier contrôle de sécurité à
l’intérieur. La soute a donc été refermée et l’avion
était déjà en train de manoeuvrer quand il est
parvenu à signaler sa présence par radio !
UN PREAVIS DE GREVE PERMANENT
Les plus critiques qui pointent du doigt les
grévistes devraient y réfléchir à deux fois.
Les syndicats doivent sans cesse mettre ces
sociétés sous pression pour obtenir un personnel
suffisant sur le terrain. Chaque
fois, c’est sur le personnel que l’on fait des
économies.
Les chiffres sont là pour le prouver: l’an dernier,
le bénéfice de Flightcare s’est établi à
.
Mais un tel bénéfice ne peut être réalisé
qu’en occupant le moins possible de personnel.
Aussi, nous devrions lancer un préavis de
grève permanent dans ces entreprises.
Nous touchons ici un problème réel. En témoigne la
disposition du personnel à mener des actions. Il n’y
avait aucun piquet de grève à Zaventem !
Tout le monde a arrêté le travail
spontanément, sans discuter.
Les avocats et huissiers appelés se sont donc
déplacés pour rien.
MAIS OU ETAIT LA DIRECTION?
Chez Aviapartner, la grève était déjà en cours
depuis un jour et demi avant que les syndicats ne
puissent enfin voir un membre de la direction pour
discuter des problèmes.
Avant ça "personne n’était disponible". Alors,
qui parle de ‘prendre ses responsabilités’?
VERS UN POOL POUR LES OUVRIERS DE L’AEROPORT
Il existe pourtant des solutions à ce problème :
- engager suffisamment de personnel et s’y
prendre assez tôt, mieux prévoir, organiser un
meilleur planning et enfin,
- impliquer le personnel dans les solutions
proposées.
- Sans oublier de communiquer de façon claire
et transparente.
Pour chacun de ces points, les sociétés à
l’aéroport de Zaventem font défaut. Si l’on veut
éviter des problèmes à l’avenir, les directions
devront donc corriger le tir sur chacun de ces
points.
Par ailleurs, l’organisation d’un pool des
ouvriers de l’aéroport (à l’instar de celui qui
existe pour les ouvriers portuaires) résoudrait pas
mal de problèmes. Du
personnel correctement formé serait alors disponible
pour faire face aux périodes de pointe, personnel
qui aurait en outre un statut social correct.
Reste à espérer que la crise que nous avons connue
créera des ouvertures dans ce sens.
Frank Moreels
Secrétaire fédéral UBOT-FGTB