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lettre de nouvel an 2009 de l'ubot
transport routier & logistique
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Un statut à part entière pour tous
: chauffeurs, travailleurs logistiques, chauffeurs
de taxi, déménageurs, transporteurs de carburants,
chauffeurs de bus, …
Le métier de chauffeur de camion est une
profession dite critique. On trouve difficilement
des chauffeurs de bus, idem en ce qui concerne les
déménageurs, … Pour toutes les professions qui
relèvent de la compétence de l'UBOT, les employeurs
se plaignent … de la pénurie de bon personnel
qualifié. Dans de nombreux cas, ils n'ont pas
tort.
Hélas, ils évitent soigneusement d'indiquer les
causes du mal. En effet, les patrons ne se demandent
pas s'ils paient un salaire convenable. Ni si
les conditions de travail sont
réglementaires. Ni si la sécurité au travail
est garantie. Est-ce qu’ils investissent assez dans
la formation du personnel, afin que ce personnel
puisse faire son travail en connaissance de cause?
En connaissant bien le code de la route? En sachant
quels sont les regels de sécurité? En sachant
comment manipuler des charges sans risque d’accident
ou de maladie professionnelle ?
Trop souvent ils ne considèrent pas l'attrait de
la profession par rapport à la qualité du travail.
Voilà pourquoi l'UBOT émet ses vœux pour l'année
prochaine. Nous ne manquerons pas d'œuvrer également
dans notre pratique syndicale quotidienne à la
réalisation des points énumérés dans la liste de nos
vœux.
- 1. Prendre soin de la sécurité et du confort
sur les parkings le long des autoroutes et sur
les lieux d'attente dans les ports
L'UBOT a déjà consacré deux livres noirs à la
problématique des parkings considérés peu
sûrs et offrant trop peu de confort. Les
chauffeurs professionnels ne cessent de se
plaindre à ce sujet. Bien que certaines stations
services s'efforcent d'offrir des repas
meilleurs, plus sains et moins chers, la vie du
chauffeur sur les routes reste souvent un
calvaire. Trop peu de douches, pas de douches
séparées pour les femmes-chauffeurs, … Et
surtout : trop peu de places pour garer le
camion.
Après deux livres noirs de l'UBOT et beaucoup
d'attention des médias, il est temps que les
responsables politiques entrent en action.
2. Investir dans l'infrastructure routière
dans le cadre d'un plan de redressement
Les responsables politiques veulent-ils vraiment
transformer la Belgique en un pool logistique ?
Alors, qu'ils entrent en action ! Une
infrastructure routière convenable, une
accommodation du trafic sûre … tout cela
nécessite de l'argent et des investissements.
Vouloir tenir la mobilité mobile, c'est faire
exécuter les travaux nécessaires pour garantir
une circulation sûre et sans encombres. Les
Rings d'Anvers et de Bruxelles doivent être
fermés, l'E 311 (Anvers – Liège) doit être
élargie, l'orniérage doit être supprimé (p.e. à
l'accès de la route express à Zelzate, etc.).
3. Halte au "mauvais" emploi qui tue le
"bon" !
Nous constatons de plus en plus souvent que le
"mauvais" emploi tue le "bon" emploi. Des firmes
belges licencient leurs chauffeurs pour les
remplacer par des sous-traitants d'Europe de
l'Est. Très souvent, ce sont ces mêmes firmes
belges qui ont créé ces entreprises
sous-traitantes. Dans le seul et unique but
d'organiser le dumping social. Le chauffeur
belge perd son travail, le chauffeur de l'Europe
de l'Est exerce un emploi sous-payé dans des
conditions de travail indignes.
Il faut d'urgence s'atteler à la réalisation
d'une Europe véritablement sociale !
En plus nous demandons que le recours au travail
intérimaire soit limité. Au lieu de fonctionner
comme remplaçant de personnel malade, ou afin de
répondre à des volumes de travail imprévus, le
travail intérimaire est trop souvent devenu une
règle générale. On n’obient plus de contrat de
travail normal sans être passée par un contrat
d’intérim. L’UBOT exige des contrats normaux
pour les travailleurs intérimaires.
4. Organiser la tolérance au niveau
des temps de conduite et de repos, mais pas au
détriment du chauffeur
Nul n'ignore l'histoire traditionnelle du
chauffeur qui, arrivé à 15 minutes de son
domicile, atteint la limite du temps de
conduite. Tout le monde est d'accord pour dire
qu'il est absurde d'interdire au chauffeur de
poursuivre sa route encore un quart d'heure. Et
pourtant, le problème subsiste. Il ressort
notamment de chiffres internes de l'UBOT que
plus de 50 % des contraventions infligées aux
chauffeurs ont trait au temps de travail ou de
conduite journaliers.
L'UBOT demande qu'on continue à respecter les
temps de repos. Le repos obligatoire est
justifié en raison du bien-être du chauffeur.
Toutefois, nous demandons une application
flexible du règlement. Punir un chauffeur
qui dépasse d'une ou de deux minutes son temps
de conduite, relève de l'absurde. Obliger le
chauffeur qui rentre à la maison le vendredi,
après une semaine de travail à l'étranger, à
prendre son repos à 15 minutes de sa maison,
l'est tout autant.
5. Libérez-nous des Eco-combis ou
Super-camions
L'UBOT avait déjà qualifié ces combinaisons de
"Cash-combis" ou d'"Euro-combis". Les seuls à
tirer profit de l'utilisation de ces véhicules
longs et lourds sont les employeurs. Ils peuvent
charger plus de marchandises dans le camion, ont
besoin de moins de chauffeurs, … et mettent en
danger la sécurité routière.
En vue d'améliorer la sécurité routière, on a
déjà dégagé des moyens pour améliorer le
rétroviseur anti-angle mort des camions
ordinaires. Aujourd'hui, on veut encore agrandir
et alourdir les poids lourds… Un pays à
circulation intense comme la Belgique n'est pas
prête à recevoir le super-camion. En effet,
l'infrastructure routière n'est pas équipée à
cette fin (voir p.e. les ronds-points). Le
secrétaire d'Etat à la Mobilité a commis une
grave erreur en disant oui à la demande des
fédérations du transport de permettre d'urgence
des expériences avec ces monstres de la route.
6. Ne pas stimuler le transport nocturne
pour remplacer le transport de jour
Certains pensent assez légèrement avoir trouvé
la solution au problème de la mobilité. Selon
eux, il suffirait de prolonger l'accessibilité
des terminaux portuaires, pendant la nuit, tard
le soir et tôt le matin, pour remplacer une
partie du transport de jour par le transport de
nuit (ou le soir ou le matin)…
Qu'une telle mesure risque d'avoir des
conséquences énormes – travail nocturne massif
et/ou obligatoire - pour le chauffeur, ne semble
nullement déranger ces esprits illuminés, qui ne
semblent pas non plus se préoccuper des
problèmes de visibilité. Cependant, il a été
prouvé scientifiquement qu'un être humain - le
chauffeur de camion, ne serait-il pas un être
humain ? – voit moins bien dans le noir. Si le
problème de visibilité provoque davantage
d'accidents, ce sera probablement encore une
fois la faute du chauffeur individuel. Sans
parler de la vie sociale et familiale des
chauffeurs, qui deviennent d’un jour à l’autre
des « animaux de la nuit », soi-disant que ce
travail de nuit serait là réponse aux problèmes
de mobilité.
7. Pas de troisième manutentionnaire de
bagages à l'aéroport de Zaventem
Actuellement, deux manutentionnaires opèrent sur
l'aéroport de Zaventem : Flightcare et
Aviapartner. Nous avons compris des contacts
avec le secrétaire d'Etat à la Mobilité que
celui-ci a l'intention d'autoriser la venue d'au
moins un manutentionnaire supplémentaire.
L'UBOT envisage avec inquiétude les
conséquences sociales qu'entraînera la venue
d'un troisième employeur. Davantage de
libéralisation dans ce secteur est synonyme
d'économies sur les salaires, les conditions de
travail, le matériel et donc aussi sur la
sécurité du personnel. L'UBOT ne veut pas d'un
manutentionnaire supplémentaire à Zaventem.
L’UBOT exige par contre l’instauration d’un
« pool du travailleur manutentionnaire » afin de
répondre aux fluctuations saisonnières dans le
travail de la manutention aux aéroports.
8. Limitez la charge à 25 kg pour les
bagagistes dans les aéroports
Un bagagiste déplace chaque jour 10 TONNES ! Par
valise, il ou elle porte entre 20 et 30 kg. Les
bagages dépassant ce poids et 150 valises par
vol ne constituent pas une exception. Le métier
de bagagiste est donc un métier qui exige
d'importants efforts physiques si bien que de
nombreux bagagistes souffrent de
problèmes dorsaux.
Voilà pourquoi l'UBOT demande de limiter la
charge maximale à 25 kg. Ainsi, les voyageurs
qui désirent prendre plus de choses avec eux
devront non seulement payer pour la surcharge,
mais également répartir leurs bagages sur
plusieurs valises…
9. Arrêtez l'agression contre le personnel
de bus et de taxi
Trop souvent les chauffeurs de bus et de taxi
sont confrontés à des actes d'agression. Des
agressions non seulement verbales, mais aussi
physiques entre passagers. De plus en plus, les
agresseurs s'en prennent d'ailleurs aux
chauffeurs. Les employeurs doivent donc investir
davantage dans la sécurité du matériel, la
prévention, la formation du personnel, … De leur
côté, les autorités (et donc la police) doivent
assumer leurs responsabilités en prenant soin
d'intervenir dans les quartiers où certains
chauffeurs de bus ou de taxi osent à peine
encore passer.
10. Donnez-nous des ministres et des
responsables politiques qui associent les
travailleurs du secteur du transport à leur
politique
En 2008, nous avons dû constater à notre regret
que trop de ministres gouvernent à partir de
leur tour d'ivoire. Pour eux, consulter "le
secteur", c'est parler avec les fédérations
patronales. Le ministre wallon Antoine, quant à
lui, omet de répondre à nos appels à la
concertation. En Flandre, les syndicats du
transport ont été invités une seule fois (avec
les employeurs d'ailleurs) au cabinet de la
ministre Crevits. Résultat ? Zéro ! Au niveau
fédéral, le secrétaire d'Etat, Etienne Schouppe,
a réussi à se concerter de manière structurelle,
et cela pendant des mois, avec … les patrons du
secteur du transport.
Seule exception : la ministre flamande Van
Brempt. Elle organise effectivement une
concertation structurelle et elle collabore avec
l'ensemble du secteur à des campagnes concrètes.
Il est vrai qu'elle ne suit pas toujours nos
conseils, mais au moins, elle écoute nos
préoccupations.
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