Ces derniers jours, le Ministre de la Mobilité, Yves
Leterme, déclare être en faveur d'une expérience
pilote avec des super-poids lourds, connus également
comme ecocombis. Ainsi, le ministre se range du côté
des fédérations patronales du secteur du transport.
La FGTB-UBOT s'attendait à un autre choix de
priorités du Ministre. Elle demande notamment une
approche des problèmes auxquels les chauffeurs
professionnels sont confrontés à l'heure actuelle.
Au niveau européen le poids maximum des camions a
été fixé à 40 tonnes et la longueur maximum à 18,75
mètres. Les types de camions que le ministre veut
laisser rouler sur certains trajets, en guise
d'expérience, sont longs de 25 mètres et pèsent 60
tonnes.Pour vous donner une idée : 25 mètres
égalent la longueur de 5 à 6 voitures de famille,
d'une piscine olympique, ... Autrement dit, le
super-camion est de 2 voitures de personnes plus
long que le tracteur avec semi-remorque que l'on
voit sur nos routes aujourd'hui.
La FGTB-UBOT s'oppose farouchement au plan
ministériel, et cela pour les raisons suivantes :
Dans un pays comme la Belgique, où la circulation
est déjà si intense, les problèmes
de sécurité risquent de prendre encore
une plus grande envergure (angle mort,
ralentisseur de vitesse et ronds-points,
défense de doubler sur les autoroutes à 2 voies
défense de doubler en cas de pluie, "formation
d'un mur" sur la première voie des
autoroutes...). Les références qu'on fait aux
exemples à l'étranger ne sont pas de
nature à nous rassurer : les routes à
circulation intense belges ne sont comparables en
rien avec les routes américaines ou
scandinaves;
La Belgique ne dispose pas de l'infrastructure
nécessaire pour accueillir ces super-camions : quid
des parkings, stations de gasoil, rayons de braquage,
... ?;
Des camions encore plus lourds nuiront
davantage à nos routes déjà en
piteux, des routes pour lesquelles des
travaux d'infrastructure s'imposent afin de
pouvoir garantir une circulation plus sûre;
Et, apparemment, personne ne songe à l'emploi
des chauffeurs dans ce dossier : avec des
camions davantage chargés on pourra faire des
économies en matière
d'emplois. Que deviendra-t-il du chauffeur une fois
qu'on l'a rendu superflu ?
Pour pouvoir conduire un tel super-poids lourd le
chauffeur aura besoin d'encore
plus de formation, parce qu'on exigera
de lui encore plus de compétences et de
connaissances, là où il y a déjà une pénurie
sur le marché du travail aujourd'hui.
Déjà, les pourparlers avec les fédérations
patronales relatifs à l'application de la
Directive européenne prévoyant une formation
de 5 jours en une période de 5
ans, se déroulent avec beaucoup de
difficultés ! Les employeurs seront-ils d'ailleurs
disposés à augmenter le salaire du chauffeur
qui devra conduire le super-camion ?
Certes, lorsqu'il devra maîtriser un véhicule
plus difficile à manœuvrer et à
charger/décharger, le chauffeur se verra
confronté à davantage de stress et de
pression.
La FGTB-UBOT s'attendait, en effet, à ce que le
ministre se prenne à d'autres priorités. Tout en
autorisant cette expérience, il ne fait qu'obéir au
doigt et à l'œil aux employeurs. Nous nous référons
à ce sujet à notre mémorandum de 10 points dans
lequel nous plaidons en faveur de parkings plus sûrs
et aménagés, d'une limite au cabotage, d'une
simplification du code de la route, ...