LA COMMISSION PAITAIRE
DE LA LOGISTIQUE
Si notre pays jouit d'un bien-être
aujourd'hui, ce n'est certes pas grâce à ses ressources
naturelles. C'est bien grâce à notre position géographique
favorable et à la haute qualité de nos services. Suite à
ces atouts la Belgique est devenue un centre logistique
important en Europe, qui génère bien d'emplois nouveaux et
qui offre, de plus, beaucoup de perspectives d'avenir aux
trop nombreux demandeurs d'emploi non ou peu qualifiés.
La question essentielle qu'on se pose :
voulons-nous que la logistique se développe encore davantage
?
Ce développement du secteur est freiné par la délimitation
injudicieuse des compétences des diverses commissions
paritaires. Le résultat en est une grande confusion et une
incertitude juridique retenant les entreprises d’investir
dans la logistique.
Dépendamment de l'interprétation d'un quelconque service
d'inspection, les entreprises ressortissent à tout propos
d'une autre commission paritaire et en subissent les
conséquences néfastes pour leur persistance. L'incertitude
juridique est une des causes de la stagnation actuelle dans
le développement du secteur, là où nous constatons qu'à
travers nos frontières, toutes les facilités sont offertes
pour attirer ces entreprises, souvent même avec des moyens
européens. Plus particulièrement le Nord de la France et
l'Est de l'Allemagne en font de plus en plus leur avantage.
En 2004, le Ministre du Travail de l'époque, Frank
Vandenbroucke, s'est mis à la recherche d'une approche
durable et rationnelle. Il a décrété un "stand still" pour
3 ans en vue de trouver une solution globale. Au cours de
cette période les nombreux transferts d'une commission
paritaire à l'autre ont été évités. Cependant ce "stand
still" venant prochainement à terme, le secteur se voit de
nouveau affronté aux conséquences néfastes qu'entraine
l'incertitude juridique.
Enfin un ministre qui prend vraiment une
initiative !
Voilà pourquoi le Ministre
Peter Van Velthoven a publié, au Moniteur Belge, un avis
concernant une réglementation nouvelle du champs
d'application de commissions paritaires et l'institution
d'une "Commission paritaire du transport et de la
logistique".
Le Ministre veut, à juste titre, faire autant que les
travailleurs puissent bénéficier des quelques opportunités
offertes par notre pays.
Cette initiative n'est d'ailleurs pas prise par hasard.
Déjà en mai 2006 le Ministre a organisé un colloque à ce
sujet, et depuis lors de multiples contacts ont eu lieu
entre toutes les parties intéressées. Chacune d'elles a eu
l'occasion de défendre ses arguments rationnels pour ou
contre l'initiative.
Les Centrales professionnelles qui ont pris ce dossier au
sérieux, retrouvent dans les propositions du Ministre les
résultats de leur concertation ou y voient leurs problèmes
bientôt résolus. Ceux qui ont essayé de faire oublier le
dossier en s'absentant à des moments cruciaux pour aller
trouver des endroits exotiques, ont mal calculé. S'il
poussent aujourd'hui les hauts cris, c'est toujours sans
arguments rationnels.
Des bons et des mauvais syndicalistes ?
Surtout les deux Centrales des Métallurgistes réduisent
l'initiative ministérielle à une lutte vulgaire en vue de
récupérer autant de carnets syndicaux que possible. Ils
n'hésitent d'ailleurs pas à blâmer la commission paritaire
140, qui deviendra compétente pour la logistique, comme si
elle était un no man's land antisocial, où des organisations
syndicales sont inopératifs. Où l'on ignore les CCT et les
droits acquis et où l'on réduit à néant d'un seul trait de
plume les droits des travailleurs concernés.
L'on veut même faire croire qu'un premier pas serait mis
vers l'outsourcing. Là où tout le monde sait qu'il s'agit
d'un procès en cours depuis plusieurs années déjà. Ne
sont-ce d'ailleurs pas les syndicats de l'industrie
automobile eux-mêmes qui, de gré ou de force, ont repoussé,
de concert avec les patrons, certaines parties de l'autoassemblage
à des conditions de salaire et de travail considérablement
inférieures à celle du secteur du métal pour pouvoir
sauvegarder consciemment les salaires de l'élite. Voilà une
bien belle solidarité !
Ces mêmes syndicats et ces mêmes organisations patronales
ont rendu visite au Cabinet du Ministre Vanvelthoven pour
faire de l'opposition à l'initiative en question. Quelqu'un
peut nous expliquer pourquoi une organisation patronale, et
surtout Agoria, réagirait contre des intentions
ministérielles visant à diminuer les salaires des
travailleurs dans leur secteur ? Nos Centrales des
Métallurgistes choisissent mal leurs amis !
Ce ne seront d'ailleurs pas les syndicats de transport qui
vont bientôt entamer des négociations en vue de faire
économiser de 20 % les travailleurs occupés dans le secteur
de la logistique.
Non à la régression sociale !
Le Ministre-même a déclaré : "Les travailleurs
sauvegarderont bien évidemment leurs conditions de salaire
et de travail actuelles, comme convenues dans les CCT
conclues." L'UBOT veillera bien au respect de ces
conditions et relèvera le défi d'améliorer encore le statut
des travailleurs logistiques.
Dire que l'initiative du Ministre est susceptible de menacer
le commerce du métal entier, est se rendre coupable de
manipuler l'opinion. Bien au contraire, beaucoup de
travailleurs du secteur logistique qui ont été placés sous
la compétence de la commission paritaire complémentaire (CP
100), verront améliorer leurs conditions de travail et de
salaires à partir du moment où tout sera régularisé. Le
Ministre Peter Vanvelthoven mérite donc bien notre appui.
Le projet du Ministre correspond d'ailleurs parfaitement aux
multiples résolutions et textes de congrès de la FGTB dans
lesquels on lance un appel à diminuer l'ampleur de la
commission paritaire 100, à trouver une synergie entre les
Centrales et à revoir les frontières syndicales et les
compétences des commissions paritaires suite aux changements
rapides de la société et aux évolutions dans l'organisation
du marché du travail.
Aussitôt que la pratique doit être confrontée à la théorie,
nos métallos s'accrochent à leurs habitudes vulgaires de
crier à la guerre avec des slogans comme "ne jamais
abandonner les entreprises conquises" ... Après leur
scission ils s'efforcent pour "l'intérêt" du carnet syndical
, plutôt que de lutter pour les intérêts des travailleurs
!!!
La période de consultation de 30 jours a pris cours. Toutes
les parties concernées sont invitées à perfectionner de
façon rationnelle les textes présentés. Nous, du secteur du
transport, aborderons le dossier avec intégrité... mais
ceux qui ont d'autres intentions, doivent bien se réaliser
qu'ils nous rencontreront certes sur leur chemin. Egalement
sur le terrain !
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