INTERDICTION DE ROULER LE DIMANCHE POUR
LES CAMIONS ?
A l'occasion des
Etats-généraux de la sécurité routière organisés par la
Région wallonne, le ministre des Transports André Antoine a
annoncé qu'il envisage d'interdire aux camions de rouler le
dimanche. Il se réfère à cet effet à l'Allemagne et à la
France et veut par la même occasion lutter contre la
saturation des parkings belges le dimanche près des
frontières avec ces pays.
Le ministre Antoine
souligne (à juste titre) que cette décision doit être prise
au niveau fédéral et qu'il ne s'agit donc nullement d'une
décision mais d'une chaude recommandation. En lançant ce
ballon d'essai, le ministre rejoint le club des ministres
qui lancent des mesures sans la moindre concertation avec le
secteur.
Si le ministre s'était
concerté avec le secteur et plus particulièrement avec les
organisations syndicales représentatives et notamment avec
l'UBOT, nous aurions pu lui rappeler que :
-
cette mesure ne tient pas compte des conséquences
possibles pour le revenu des chauffeurs
professionnels. Pour gagner un
revenu décent, le routier professionnel
doit pouvoir travailler. L'interdiction de rouler le
dimanche constituerait sans conteste un
hold-up sur son revenu si elle ne va pas de
pair avec des mesures d'accompagnement;
-
cette mesure limite la liberté du conducteur
professionnel d'organiser sa vie familiale. Les chauffeurs
internationaux partent souvent
le dimanche afin de pouvoir passer la
frontière minuit passé. De la sorte, les chauffeurs peuvent
rentrer plus tôt dans la semaine et
réserver un peu plus de temps pour
leur famille;
-
cette mesure ne fait que reporter les problèmes.
Les camions qui ne pourront plus rouler le dimanche
partiront le samedi ou en
semaine… avec pour résultat encore plus de
files et une plus grande saturation des routes;
-
les problèmes de parking sur les parkings le long des
autoroutes n'ont rien à voir avec l'interdiction de rouler
le dimanche en
Allemagne ou en France, mais avec un
manque structurel de places de parking comme le montre
une étude réalisée par
l'UBOT
Lors des mêmes
Etats-généraux, le ministre Daerden a plaidé en faveur de la
création d'un Conseil supérieur wallon de la sécurité
routière, une initiative à laquelle nous applaudissons… à
condition qu'il invite les organisations syndicales comme
interlocuteurs à part entière.
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