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La première tentative de créer un syndicat des marins date de 1882
lorsque H. De Laet crée une « Union des Chauffagistes sur les bateaux de mer
».
Cinq ans plus tard, plus précisément le 12 juin 1889, une nouvelle
tentative aboutit à la naissance d’une « Union des Marins ». Le jour
après sa création, cette Union se voit déjà confrontée à une grève des marins.
Comme souvent, c'est le patronat qui est à la base de la création et du
développement d’une « Fédération de Marins ».
Même si la grève spontanée de 1907 contre les retenues arbitraires sur les
salaires des marins du ss « Kroonland » se solde par un échec - suite à des
problèmes d’argent –, elle encourage les gens de mer à poursuivre leur lutte.
Avec résultat : les marins obtiennent une première augmentation des gages sur la
ligne du Congo et un bureau d’embauchage est créé.
Toutefois, à cette époque, gagner une grève, c’est courir de grands risques. En
1912, Schonkeren et Mahlman sont poursuivis pour infraction à l’article 310 du
Code pénal.
Mais cela n’empêche pas la « Fédération des Marins » ni ses dirigeants de
participer en 1913 à la grève générale pour le suffrage universel ni de créer
le 6 juillet 1913 l’Union Belge des Ouvriers du Transport, ensemble avec les
syndicats des dockers d’Anvers, de Gand et d’Ostende.
Pendant la guerre de 1914-1918, 95 % des marins belges sont embauchés sur des
bateaux anglais à gages anglais. Ils sont aidés sur le plan syndical par des
secrétaires UBOT à Liverpool et Rotterdam. C’est d’ailleurs à Rotterdam que les
officiers décident de suivre le bon exemple de l’équipage : le 17 mars 1918,
ils fondent « l’Union des Officiers de la Marine marchande – UOM ».
Une année plus tard, l’UOM est transférée à Anvers. Pendant
l'après-guerre, les deux unions se développent, grandissent et forcent le
respect. On assiste à la création du « Conseil professionnel de la Marine
marchande belge », suivie par celle de la « Caisse de Chômage ».
En 1921, les choses prennent une mauvaise tournure. L’année
commence pourtant bien : on obtient le droit aux vacances, mais sans que
ce droit ne puisse être concrétisé. A partir du mois de mars, la crise
fait des ravages. Les armateurs demandent une diminution des salaires
de pas moins de 46 %.
Les marins réagissent par une grève qui dure du 13 mai au 10 septembre 1921,
mais la grève échoue.
Les conséquences de cet échec sont une catastrophe pour la jeune UOM,
mais « l’Union des Marins » s’en sort saine et sauve.
A partir de 1923, l'organisation reprend son envol. Elle obtient trois
augmentations salariales consécutives (1923, 1924 et 1926), des vacances, une
pension pour les officiers, des indemnités pour heures supplémentaires, la
création d’un « Conseil de Prud’hommes » (précurseur du Tribunal du Travail),
des représentants au sein de la Caisse auxiliaire et au sein du conseil de
l’Ecole supérieure de la Navigation marine, des dispositions légales en matière
d’approvisionnement à bord. La loi relative aux accidents du travail entre en
vigueur.
En 1930, la Belgique est de nouveau touchée par une crise
économique qui provoque une misère terrible chez les travailleurs pendant 5
longues années. Sous prétexte que le pouvoir d’achat doit être réduit, les
employeurs diminuent unilatéralement les salaires, tandis que les gouvernements
successifs diminuent les allocations de chômage. Tous, travailleurs actifs et
chômeurs, sont fortement touchés par ces interventions.
Le mouvement syndical n’est pas en mesure d’empêcher cette régression sociale et
le chômage massif désespère les travailleurs.
Pour les marins, les dégâts restent plus ou moins limités.
Aussi bien l’Union des Marins que l’UOM dénoncent leur CCT et ensemble, elles
déposent un cahier revendicatif sur la table des armateurs.
La guerre 1940 – 1945
Le régime fasciste interdisant tout travail syndical et le rayon
d’action professionnel des affiliés dépassant les frontières belges, la décision
est prise d’émigrer vers un pays libre.
Ce départ permet à l’UBOT de développer, pendant la guerre, des
activités très fructueuses en faveur des marins belges. Elle dispose
notamment d’un siège à Londres et de secrétariats à Liverpool, Cardiff et
Glasgow.
Plus tard, on constatera que l'émigration de secrétaires UBOT vers
l’Angleterre a eu des conséquences assez favorables sur le statut
social des marins belges.
A la fin des années 40, on réussit à sauvegarder le Pool
des Marins qui a été créé pendant la guerre et qui avait prouvé sa
valeur inestimable.
Avec la création du Pool, un système de sécurité d’existence fait son
entrée en Belgique qui servira d’exemple pour les ports, la réparation
navale, la construction, etc.
Jusqu’à ce jour, la CCT du 16 avril 1948 a gardé toute son importance pour
les marins et leur organisation. En effet, après des négociations pénibles,
l'UBOT avait obtenu des améliorations considérables et des principes importants,
mais il s’avérera plus tard que cette CCT a été à la base de toutes les CCT
d’après-guerre.
En l'espace d'un siècle et malgré les circonstances extrêmement difficiles, les
marins belges ont réussi à fonder et à préserver une organisation qui défend de
manière efficace leurs intérêts et qui les représente à tous les niveaux où cela
s’avère nécessaire.
Comme il ressort d’une étude européenne, cette organisation a réussi, au
cours de 100 ans, à revendiquer en faveur des marins belges des
conditions de travail et de salaire qui laissent toutes les conventions
salariales pour les marins des autres pays loin derrière elles.
Les conditions belges sont par conséquent parmi les meilleures qui existent au
monde. |